Nouvelle sémiologie dans la DMLA : mieux décrire, mieux nommer, mieux quantifier

La sémiologie de la DMLA a profondément évolué avec les progrès de l’imagerie multimodale, et notamment l’arrivée des techniques d’OCT et d’OCT-A de plus en plus performantes. Nous ne nous contentons plus de décrire une lésion ; nous cherchons à mieux la caractériser sur le plan anatomique et à en préciser l’activité, le stade évolutif et parfois le pronostic.

Cette évolution traverse l’ensemble de ce dossier. Dans la DMLA atrophique, Vittorio Capuano montre comment l’OCT a permis de dépasser la simple description de l’atrophie pour distinguer différents stades – iORA, cORA, iRORA, cRORA – et identifier de nouveaux biomarqueurs.

Dans la DMLA néovasculaire, nous vous présenterons la MNV de type 4, un nouveau phénotype qui illustre à quel point les classifications restent évolutives à mesure que l’imagerie affine notre compréhension des phénotypes.

L’OCT-A, abordée par Alexandra Miere, a également modifié notre langage et notre raisonnement : il ne s’agit plus seulement de « voir du flux », mais de décrire un signal OCT-A, son absence éventuelle et son mécanisme.

Cette richesse sémiologique s’accompagne naturellement d’une multiplication des acronymes, que rappelle Oudy Semoun dans un lexique devenu presque indispensable.

Enfin, Carl-Joe Mehanna, dans son article, souligne que l’intelligence artificielle marque une nouvelle étape. Elle ne crée pas de nouveaux signes mais transforme des signes connus en biomarqueurs quantitatifs, reproductibles et suivis dans le temps, ouvrant la voie à une sémiologie plus individualisée.

Au fond, l’évolution actuelle peut se résumer ainsi : mieux décrire, mieux nommer, mieux mesurer. Et peut-être demain, mieux prédire.

La sémiologie de la DMLA devient ainsi moins statique, plus dynamique et plus précise, avec un objectif inchangé : mieux comprendre la maladie pour mieux prendre en charge nos patients.

Hoang Mai Le, Eric Souied
Centre Hospitalier Intercommunal, Créteil