Les ophtalmologistes contre la prescription par les orthoptistes prévue par le PLFSS 2022

Dans la foulée de l’annonce, l’Anjo (association nationale des jeunes ophtalmologistes) a lancé une pétition sur le site change.org. Celle-ci part d’un constat : « Les orthoptistes ont une formation en rééducation visuelle qui dure 3 ans. Les ophtalmologistes font 12 ans d’études de médecine et sont formés sur les pathologies, le dépistage, et la prise en charge de celles-ci (médicale et chirurgicale), ce sont les médecins et les docteurs de vos yeux », écrivent les auteurs de la pétition.

Dès lors, confier la prescription et le dépistage aux orthoptistes présente pour eux « un vrai risque de catastrophe sanitaire visuelle […], une vraie démédicalisation ». Le dépistage des pathologies oculaires se faisant en effet lors d’une consultation pour une prescription de lunettes ou de lentilles, dissocier les deux pourrait conduire à un retard dans le dépistage de certaines maladies. Pour les ophtalmologistes, cette proposition de loi revient en outre à dévaloriser les études de médecine, sans pour autant permettre avec certitude de raccourcir les délais de consultation. Puisque, rappellent-ils : « L’installation des orthoptistes dans les déserts médicaux est incertaine. La répartition actuelle des orthoptistes est d’ailleurs moins bonne que celles des ophtalmologistes. » La pétition met enfin en garde contre une éventuelle adoption de cette proposition de loi, qui sera débattue mi-octobre : « Nos nombreux collègues qui assurent depuis longtemps la gestion des urgences ophtalmologiques, et qui ont participé aux gardes dans les services luttant contre le Covid, nous ont fait part de leur volonté de faire une grève massive, longue, totale, en regroupant d’autres spécialités à l’hôpital et en libéral. » La pétition, soutenue par le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), l’AFO (Académie française d’ophtalmologie), le Conseil national professionnel d’ophtalmologie et le CNJC (Conseil national des jeunes chirurgiens), avait déjà recueilli près de 5 500 signatures le 4 octobre.

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