Le polysulfate de pentosan et les risques de maculopathie pigmentaire

Au premier semestre 2019, une étude américaine (voir CDO 229) avait tiré la sonnette d’alarme sur les risques de développer une maculopathie pigmentaire pour les patients sous Elmiron (polysulfate de pentosan). Ce médicament, prescrit en France dans le traitement du syndrome de la vessie douloureuse, avait dans la foulée fait l’objet d’une mise en garde de la part de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Celle-ci « recommande aux prescripteurs d’effectuer à leurs patients des examens ophtalmologiques réguliers afin de détecter précocement une maculopathie pigmentaire, en particulier chez ceux traités par Elmiron au long cours. » Au congrès annuel de l’American Academy of Ophthalmology (AAO), une nouvelle étude vient appuyer ces recommandations. Des chercheurs américains ont passé au crible la base de données du groupe de santé américain Kaiser Permanente, soit 4,3 millions de personnes. Ils ont identifié 140 patients ayant pris en moyenne 5 000 comprimés d’Elmiron au cours des 15 dernières années. 91 d’entre eux ont accepté de faire un fond d’œil. Parmi ceux-ci, 22 présentent des signes clairs de toxicité. Comme la dose de médicament maximale sans risque de toxicité n’est cependant pas encore définie, les ophtalmologistes de l’étude recommandent un examen ophtalmologique au moins une fois par an pour les patients ne présentant pas encore de toxicité et pour les autres, un rendez-vous avec l’urologue pour discuter de l’arrêt du traitement. « La bonne nouvelle étant que si le problème est identifié rapidement, les dommages peuvent être ralentis par l’arrêt du traitement, explique l’AAO dans un communiqué. À un stade plus avancé, la toxicité conduit à des symptômes semblables à ceux de la DMLA et résulte en une perte de vision permanente. »