Gestion de la sécheresse oculaire en 2026

La sécheresse oculaire est devenue le compagnon quotidien de nombre de nos consultations. Qu’il s’agisse d’une simple consultation pour des lunettes, d’un bilan d’irritation oculaire ou du contexte d’un geste chirurgical, la sécheresse oculaire occupe une place de plus en plus centrale et représente un marqueur fortement péjoratif pour la prise en charge de la santé oculaire de nos patients. Lorsqu’elle s’installe durablement, la sécheresse oculaire peut avoir un retentissement important sur la qualité de vision et sur la qualité de vie. Parfois même elle devient responsable de graves troubles neurosensoriels ou psychologiques.
Ce dossier des cahiers d’ophtalmologie est dédié à la mise à jour des bonnes pratiques et à l’exploration des innovations, actuellement accessibles à tous et à toutes.
Le docteur Serge Doan nous dévoilera ses secrets d’expert pour examiner « vite et bien » l’état de nos précieuses glandes meibomiennes. Cet examen de routine, trop souvent négligé, permet d’avoir une meilleure efficacité dans la prévention des signes fonctionnels de l’œil sec.
Adil El Maftouhi nous ouvrira les yeux sur ce que l’analyse OCT du comportement de l’épithélium cornéen peut nous apprendre sur l’historique de la surface oculaire en souffrance. Prédire son avenir dans les cartes de la topographie est aussi presque possible.
Le Dr Valentine Saunier nous proposera un algorithme pratique de prise en charge des redoutables douleurs neuropathiques, trop souvent négligées et trop tardivement identifiées. Ce contexte clinique peut paraître exceptionnel mais il existe tout un continuum entre la pathologie et la normalité.
Enfin, le Dr Anne-Sophie Marty fera le point sur les innovations diagnostiques et thérapeutiques dans le domaine de la surface oculaire. La diversité des solutions montre bien le dynamisme du secteur et l’importance des attentes de nos patients.
J’espère que ce dossier permettra un rafraîchissement agréable à lire sur le sujet et donnera l’envie de faire plus attention à ce fragile écosystème que représente la surface oculaire. Surtout en donnant l’envie d’être proactif à la rencontre des marqueurs témoignant d’une surface oculaire en danger. L’enjeu principal repose bien sûr sur l’éducation et la prise en charge préventive des patients en amont des symptômes car la complexité de l’homéostasie des tissus de la muqueuse oculaire rend difficile ou du moins laborieux le retour en arrière en cas de dysfonctionnements trop longtemps installés.
Bonne lecture !

Dabvid Touboul
Centre de référence national du kératocône, CHU de Bordeaux,
Rédacteur en chef des Cahiers d’Ophtalmologie