Dossier : Prise en charge de la rétinopathie diabétique

Les années 2020 seront-elles marquées par une révolution dans la prise en charge de la rétinopathie diabétique ? Il est fort à parier que oui... les avancées ont été tellement importantes en thérapeutique et en imagerie rétinienne que nos outils actuels paraissent rudimentaires : diagnostic fondé uniquement sur des photographies couleurs ne couvrant que 70 à 80 degrés du fond d’œil, traitement par laser détruisant le tissu rétinien et n’intervenant qu’à des stades tardifs de la maladie… En effet, la rétinopathie diabétique, aujourd’hui bien connue de tous, saura être diagnostiquée et traitée selon la classification dérivée des études de l’ETDRS. Mais il est fort probable que cette classification datant des années 80 et ne tenant compte que des lésions vasculaires du fond d’œil, signes indirects de l’ischémie rétinienne, soit bientôt dépassée... et l’on peut aussi espérer que la PPR, seul traitement durable de la rétinopathie périphérique, laisse place à l’avenir à des traitements moins invasifs et plus précoces.
En attendant ces potentielles évolutions qui, nous l’espérons, viendront chambouler nos pratiques futures, nous verrons dans ce dossier les éléments pratiques et indispensables pour la prise en charge de la rétinopathie diabétique aujourd’hui, à l’aube des années 2020. Tout d’abord dans ce dossier, les Drs Stolowy, Gascon et Matonti font le point sur l’imagerie de la rétinopathie diabétique et montrent pourquoi l’angiographie à la fluorescéine reste l’examen de référence malgré la place grandissante de l’OCT-angiographie.
Concernant les traitements, l’équipe du Pr Kodjikian nous expose comment les anti-VEGF ont modifié la prise en charge de la rétinopathie diabétique. Elle présente une revue des principales études ayant démontré l’effet des anti-VEGF sur la rétinopathie périphérique et la régression des néovaisseaux prérétiniens, ainsi que leur place adjuvante indispensable dans certains cas de rétinopathie à haut risque. Leur effet sur la reperfusion des capillaires n’a cependant pas été démontré, incitant à la prudence dans leur utilisation au long cours.
Par ailleurs, il est parfois difficile de savoir si une rétinopathie est bien stabilisée. L’équipe du Pr Creuzot-Garcher fait ici une synthèse des délais et des critères de surveillance d’une rétinopathie traitée ou non par laser.
Concernant l’œdème maculaire diabétique, nous savons tous que certains cas d’œdèmes maculaires sont plus difficiles à traiter et présentent une réponse incomplète aux traitements disponibles. Le Dr Audrey Giocanti-Aurégan nous propose une synthèse de la littérature et des conduites à tenir pour ces œdèmes qui résistent aux injections.
Enfin, l’émergence de l’intelligence artificielle en médecine, et particulièrement dans notre spécialité et dans l’imagerie rétinienne, est au cœur de tous les débats. Ces outils numériques seront-ils vraiment efficaces pour dépister, voire diagnostiquer une rétinopathie diabétique ? Comment s’organisera à l’avenir la prise en charge ophtalmologique de nos patients diabétiques ? Le Pr Massin nous révèle pourquoi l’intelligence artificielle pour le diagnostic de la rétinopathie diabétique commence dès aujourd’hui.
C’est donc les yeux tournés vers cet avenir prometteur que je vous souhaite une bonne lecture et une belle rentrée.

Aude Couturier
Hôpital Lariboisière, Paris

L’évaluation de la rétinopathie diabétique repose sur l’utilisation combinée de différents examens d’imagerie : la rétinophotographie pour le dépistage et la classification de la rétinopathie diabétique, l’OCT maculaire, qui donne une analyse morphologique de la rétine en coupe et…

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La rétinopathie diabétique (RD) est responsable de lésions microvasculaires et d’une dysfonction rétinienne d’évolution progressive. Elle est secondaire à l’exposition chronique à l’hyperglycémie et à d’autres facteurs de risque, comme l’hypertension artérielle, qui entraînent…

Il n’existe actuellement aucun consensus concernant la prise en charge des patients dont l’œdème maculaire diabétique (OMD) résiste (non répondeurs ou répondeurs partiels) aux traitements injectés par voie intravitréenne (IVT). De nombreuses études, principalement rétrospectives, ont…

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