Une faible capacité antioxydante comme autre facteur de risque du glaucome

Plus la capacité à résister au stress oxydatif est élevée, plus des personnes présentant une PIO élevée verraient leur risque de glaucome diminuer, d’après des chercheurs danois et américains. On sait que la PIO élevée est le principal facteur de risque du glaucome, mais aussi que la moitié environ des patients glaucomateux présentent une PIO normale (glaucome de tension normale, ou GTN) ; et que des personnes présentent une PIO élevée mais pas de dégénérescence glaucomateuse (hypertension oculaire seule, ou HTO).

Partant de ces éléments, les chercheurs ont estimé que d’autres facteurs de risque que la PIO pouvaient être impliqués dans la pathogénèse de la maladie. La demande en oxygène de la rétine étant forte, les auteurs ont voulu connaître l’effet du stress oxydatif sur des patients GTN, HTO et contrôle. Ils ont utilisé un modèle expérimental humain, en soumettant les patients à un stress oxydatif (en les plaçant en hypoxie avant reperfusion) et en mesurant dans le plasma le niveaux de marqueurs du stress oxydatif, d’antioxydants, et de médiateurs lipidiques. Si les patients GTN et HTO présentaient les mêmes niveaux de stress oxydatif, les patients HTO avaient une capacité antioxydante totale plus élevée (et une plus grande quantité de médiateurs lipidiques). Les auteurs estiment que les patients HTO réagissent mieux à des niveaux fluctuants d’oxygène, et sont donc moins susceptibles de neurodégénérescence glaucomateuse, grâce à une protection antioxydante systémique. Les antioxydants pourraient devenir des marqueurs diagnostic, et ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques dans le glaucome.

Mia Langbøl et al. Increased Antioxidant Capacity and Pro-Homeostatic Lipid Mediators in Ocular Hypertension-A Human Experimental Model. J Clin Med. 2020;9(9):2979.