Un patch oculaire avec de micro-aiguilles pour traiter les pathologies oculaires

Des chercheurs de l’université de Singapour ont annoncé avoir mis au point un patch oculaire, composé de micro-aiguilles. Le but ? Assurer la diffusion des traitements de manière plus efficace que par les gouttes et sans la procédure plus délicate de l’injection. Le patch contient en effet deux couches qui permettent d’embarquer deux traitements différents et les aiguilles sont détachables et biodégradables : le patch est donc appliqué sur l’œil avec une légère pression (comme lors de la pose de lentilles) pour fixer les micro-aiguilles qui s’en détachent et se fixent à la cornée.

Le patch retiré, les aiguilles diffusent le traitement directement dans l’œil suivant leur durée de dégradation. Les scientifiques ont testé leur invention sur des souris modèles pour la néo-vascularisation en appliquant environ 30 secondes le patch, contenant un anticorps monoclonal anti-angiogénique (DC101), sur l’un des yeux de celles-ci. Ils ont d’une part observé que les micro-aiguilles sont suffisamment aiguisées pour s’accrocher au stroma mais pas assez pour causer des dommages anatomiques sur la cornée. De petites marques d’insertion ont été visualisées sur l’épithélium cornéen juste après l’application du patch mais avaient entièrement disparu au bout de 3 jours. Aucun autre effet secondaire n’a été constaté. D’autre part, la taille de la zone de néo-vascularisation a été réduite de 90% avec une seule application du patch contenant 1 µg de traitement alors que l’utilisation de gouttes contenant 10 fois plus de principe actif n’a pas montré d’effet thérapeutique significatif ! Les chercheurs estiment qu’un patch plus grand, adapté à la cornée humaine et contenant 20 µg de médicament pourrait produire les mêmes effets chez l’homme. Un véritable bénéfice par rapport aux traitements topiques puisque de précédentes études ont montré que l’administration de gouttes de bevacizumab 5 fois par jour pendant 3 mois ou de gouttes de ranibizumab 4 fois par jour pendant 3 semaines ne permettait une réduction de l’aire de néo-vascularisation que de 41 à 48%. Les scientifiques ont par ailleurs remarqué que lorsque les micro-aiguilles embarquaient à la fois le DC101 et un anti-inflammatoire (diclofenac), le résultat thérapeutique était encore meilleur puisque l’effet anti-angiogénique était observé et l’inflammation supprimée. L’équipe note enfin que la solution pourrait s’appliquer à de nombreuses autres pathologies oculaires, par exemple pour l’administration d’analogues de la prostaglandine dans le traitement du glaucome ou pour les corticostéroïdes contre l’uvéite antérieure, ou encore du fluconazole contre la kératite fongique…

Than A, Liu C, Chang H et al. Self-implantable double-layered micro-drug-reservoirs for efficient and controlled ocular drug delivery. Nat Commun. 2018; Nov 6;9(1):4433.

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