Transfert de compétences aux orthoptistes : mobilisations des ophtalmologistes…

D’après une enquête réalisée par le SNOF fin septembre/début octobre, 94% des ophtalmologistes s’opposent à cette mesure. Démédicalisation et risque accru de retard de diagnostic, le SNOF estime que l’article 40 « représente un véritable danger pour le parcours de soins en ophtalmologie ». Les ophtalmologistes fraîchement diplômés de même que les internes de la spécialité sont aussi vent debout contre cet article. L’ANJO (association nationale des jeunes ophtalmologistes) l’estime ainsi « inefficace » (pour réduire les délais) et « dangereux » (pour la santé visuelle des Français).

La SFOALC (société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact) s’est elle aussi élevée « contre cette dérive inacceptable », s’inquiétant en particulier du « retour d’infections graves », du fait de « l’autonomisation de l'adaptation contactologique par les orthoptistes », et les autres sociétés savantes d’ophtalmologie sont aussi vent debout contre cet article du PLFSS 2022. Une manifestation a été menée le 22 octobre devant le Ministère de la Santé, et le SNOF avait appelé à une grève entre le 22 et le 31 octobre. Les réactions d’autres médecins ne se sont pas fait attendre, généralistes et ORL en tête. Les syndicats représentatifs des médecins libéraux (MG France, Avenir Spé, FMF, UFML syndicat, CSMF, SML) et le Conseil de l’Ordre se sont associés pour envoyer une lettre conjointe à Catherine Deroche, la présidente de la Commission des Affaires Sociales au Sénat, soulignant leur ferme opposition aux articles 40 et 41 (qui concerne l’expérimentation de la délégation de tâches aux orthophonistes, IPA et kinés) du PLFSS. « Expérimenter une médecine sans médecins ne peut être la solution aux difficultés démographiques actuelles et prévisibles depuis plus d’une décennie », annonce le courrier. Pour le CNOM et les syndicats, « le médecin, en raison de sa formation, est le seul à pouvoir poser un diagnostic médical et prendre en charge un patient dans sa globalité ». Se penchant plus particulièrement sur le sujet du transfert de compétences aux orthoptistes, ils ajoutent être « frappés que les solutions interprofessionnelles innovantes qui font leurs preuves en ophtalmologie laissent, dans le projet de loi la place à une activité d’un orthoptiste dans un exercice libéral totalement déconnecté du médecin. »

… et réactions des orthoptistes
Les différentes associations d’orthoptistes (SNAO, CNPO, SFERO, FFEO, CNOE, UNRIO, AFO, URPS Orthoptistes) dénoncent pour leur part la « stigmatisation » de leur profession. De son côté, le SNOF estime au contraire que la collaboration entre les deux professions pourrait se trouver dégradée du fait de l’article 40, « en instaurant un climat de méfiance au sein de la filière ».

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