SHA : gare aux lésions oculaires chez les enfants

Après l’équipe du Pr Eric Gabison, à l’hôpital Fondation Rothschild (d’abord sur les réseaux sociaux, puis par l’intermédiaire de la Société française d’ophtalmologie), c’est l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) qui alerte à propos du risque de lésions oculaires graves causées par les solutions hydro-alcooliques (SHA), en particulier dans la population pédiatrique.

Les distributeurs automatiques de SHA positionnés à l’entrée des magasins, et qui font partie des gestes barrières contre la Covid-19, sont en cause. Des enfants de moins de 4 ans provoquent, de manière involontaire suite à une mauvaise manipulation, la libération de SHA au niveau de leur visage. L’Anses indique que « entre le 11 mai et le 24 août 2020, 63 cas, âgés en moyenne de 4 ans, ont été enregistrés par les Centres antipoison ». Les symptômes sont en général « une rougeur de l’œil, une douleur oculaire, une inflammation de l’œil ou de la paupière, une brûlure de la paupière ou encore une sensibilité accrue à la lumière » et « les cas les plus graves ont nécessité une hospitalisation voire une chirurgie au niveau de l’œil ». Les ¾ de ces cas ont eu lieu dans un magasin ou un centre commercial). L’utilisation de ces dispositifs n’est pas remise en cause mais des précautions supplémentaires devraient être prises dans le positionnement de ces distributeurs, et dans la mise à disposition d’illustrations informatives soulignant le risque de lésion oculaire grave, conseille la SFO, qui a aussi fait appel à la collecte des cas survenus entre avril et juillet 2020. L’Anses de son côté recommande aux personnes accompagnées de jeunes enfants de ne pas les laisser utiliser ou jouer avec ces distributeurs, mais de l’appliquer directement sur les mains de l’enfants ; et de rincer immédiatement à l’eau et pendant une quinzaine de minutes en cas de projection. En cas de douleur après le rinçage, « consulter un ophtalmologue ou appeler un Centre antipoison qui guidera la prise en charge. La solution hydro-alcoolique pouvant avoir un « effet anesthésiant », la douleur peut s’estomper au bout de quelques heures alors même qu’il y a des lésions oculaires importantes », conclue l’Agence.