Sécheresse oculaire : un diagnostic trop rarement posé
Plus de la moitié de la population générale souffrirait de sécheresse oculaire en Europe et aux États-Unis, mais seulement 20 % des personnes concernées en Europe et 17 % aux Etats-Unis disposent d’un diagnostic.
Tels sont les résultats présentés lors du congrès de l’ESCRS (European Society of Cataract and Refractive Surgeons), qui s’est tenu au Danemark en septembre. Les chercheurs polonais à l’origine de cette conclusion se sont basés d’une part sur une enquête menée par questionnaire aux États-Unis auprès de 2003 adultes et d’autre part sur une étude, financée par Bausch and Lomb, auprès de 2 580 adultes de la population générale et de 2 572 adultes diagnostiqués pour un syndrome de sécheresse oculaire en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Pologne et en Arabie Saoudite, en 2025. « Dans cette dernière, nous avons découvert que 58 % de la population générale rapportaient des symptômes de sécheresse oculaire et pourtant, seul un cinquième avait reçu un diagnostic formel d’un professionnel de santé », détaille Piotr Wozniak, responsable de l’étude, dans un communiqué. Celle-ci révèle également qu’un tiers des patients ont attendu cinq ans ou plus avant de rechercher de l’aide et 60 % ont attendu plus de 4 mois. Côté traitement, 34 % des patients estiment que leurs symptômes se sont aggravés au cours de l’année et 9 % seulement qu’ils se sont améliorés. Plus gênant encore : seuls 25 % des patients pensent que leur traitement est adapté à leurs besoins. L’étude note des différences de prise en charge selon les pays : en France, moins de la moitié des patients diagnostiqués disposent de visites de suivi planifiées, quand cette proportion atteint 84 % en Arabie Saoudite. « Nous devons informer les patients et le public sur les causes, les conséquences et les options thérapeutiques de la sécheresse oculaire, ainsi que sur l'importance d'un contrôle régulier de la vue, résume Piotr Wozniak. De plus, nous devons aider les professionnels de santé à distinguer les différents types de sécheresse oculaire et à adapter les traitements. »
Source : https://pag.virtual-meeting.org/escrs/escrs2025/en-GB/pag/presentation/572147
N. Le Jannic