Primo-prescription par l’opticien : une mesure qui n’est pas indispensable pour réduire les délais d’attente

Se basant sur les recommandations de l’IGAS pour raccourcir les délais de rendez-vous en ophtalmologie (cf CDO 240), le cabinet Asterès Etudes & Conseil, mandaté par Point Vision, évalue les retombées en terme d’offre et de demande et propose un modèle économique permettant de répondre aux besoins des Français. Pour les auteurs « les leviers actuels permettent de répondre à la demande à horizon 2030 » car l’IGAS pèche par oubli : « les modélisations de l’IGAS ne prennent pas en compte des évolutions majeures qui vont parallèlement augmenter l’offre : l’innovation technologique et le soutien administratif. »

En se basant sur la montée en puissance du soutien administratif, l’essor de la télémédecine productive et l’utilisation de programmes d’intelligence artificielle (IA), il serait possible pour les auteurs de faire face à la hausse de la demande dès 2030 – sans passer par le prolongement de la période de validité des ordonnances ni l’autorisation pour les opticiens de prescrire des verres correcteurs aux faibles corrections. D’après les auteurs, « si 100% des ophtalmologistes disposent d’un soutien administratif en 2030, contre 10% en 2018, 51,5 millions d’actes pourraient être réalisés en plus. Par rapport à 2018, le déficit serait alors de 730 000 actes » ; et en 2040, « la hausse du nombre d’ophtalmologistes, le ratio d’un orthoptiste aidant en équivalent temps plein et d’un administratif par ophtalmologiste », on atteindrait un excédent de 2,1 millions d’actes par rapport à 2018. La téléconsultation est une solution qui peut venir en soutien ou en remplacement de ces mesures : en 2040, elle « pourrait combler le déficit d’actes via 2 200 d’heures de téléconsultation quotidienne ». Enfin, « si l’ensemble des ophtalmologistes utilisent les programmes déjà existants d’intelligence artificielle, la moitié du déficit d’offre serait comblé en 2030 » (hors développement de l’aide administrative). Les auteurs s’inscrivent donc en faux face au rapport de l’IGAS, estimant que « la mise en place cumulative des toutes les recommandations de l’IGAS conduirait à un premier équilibre entre offre et demande en 2020, suivie d’une croissance de la demande, puis d’un deuxième équilibre en 2023. Après cette date, l’offre continuerait d’augmenter plus rapidement que la demande, créant un surplus ». Le risque deviendrait alors celui d’une crise de suroffre.

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