Nouvelles thérapeutiques
en uvéites postérieures
Les nouveautés thérapeutiques ont profondément bouleversé la prise en charge des patients atteints d’uvéites touchant le segment postérieur. Les stratégies modernes ont amélioré le pronostic visuel des patients et réduit significativement l’incidence des complications.
Le cas particulier des uvéites pédiatriques mérite un regard spécifique. Le Dr Natacha Stolowy (Marseille) expose de façon détaillée les différentes situations cliniques avec les étapes clés de l’escalade thérapeutique. Le cas particulier de la toxoplasmose oculaire est abordé avant de détailler les immunosuppresseurs et les agents biologiques nécessaires pour contrôler les atteintes non infectieuses comme la maladie de Behçet, la sarcoïdose et le syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada.
Les stratégies sont différentes chez l’adulte. Le Pr David Saadoun (Paris) expose clairement les indications et les modalités des traitements biologiques systémiques en comparant les anti-TNF-alpha et les anti-IL-6 (tocilizumab) et en insistant sur la surveillance prolongée. L’exclusion d’une infection tuberculeuse et de la sclérose en plaques demeure indispensable avant l’initiation des anti-TNF-alpha. Les études récentes semblent montrer la supériorité des anti-IL-6 sur l’œdème maculaire inflammatoire.
Comme les autres affections oculaires, les approches locales sont de plus en plus utilisées. Le Dr Alexandre Barbé (Paris) discute les voies d’administration topique, périoculaire et intravitréenne avec leurs avantages et inconvénients respectifs. Leur emploi chez les patients jeunes, phaques, avec atteinte bilatérale reste limité et leur efficacité sur l’inflammation choroïdienne semble incomplète. L’implant de dexaméthasone garde une efficacité moyenne de 4-5 mois et celui d’acétonide de fluocinolone prévient les récidives inflammatoires durant 3 ans. La surveillance pressionnelle reste capitale même si la tolérance demeure relativement bonne. L’essai multicentrique récent basé sur un anti-IL-6 (vamikibart) a montré des résultats prometteurs et pourrait être proposé en cas de contre-indication à la corticothérapie.
Enfin, le Pr Julie Gueudry (Rouen) fait la synthèse des principales complications, en particulier la cataracte et le glaucome avec les modalités de prévention, dépistage et prise en charge sur ce terrain particulièrement à risque. Nous espérons que ce dossier thérapeutique sera une mise à jour utile et en profitons pour annoncer la première journée mondiale d’uvéite, le 10 avril 2026.
Bahram Bodaghi
Service d’Ophtalmologie, Hôpital Pitié-Salpêtrière, AP-HP-Sorbonne Université