Nouveaux résultats et mise en garde sur le brolucizumab

Novartis vient de publier les résultats à 96 semaines de ses essais cliniques de phase III, baptisés Harrier et Hawk, sur le brolucizumab (un fragment d’anticorps simple chaîne anti-VEGF A) dans le traitement de la DMLA exsudative. Les nouvelles sont bonnes et confirment les résultats à 48 semaines (voir CDO 235) : le brolucizumab permet aux patients de faire aussi bien que l’aflibercept en matière d’acuité visuelle.

Et une plus grande réduction de l’épaisseur de la fovéa centrale a été observée chez les patients traités avec 6 mg de brolucizumab (toutes les 8 ou 12 semaines) que chez les patients recevant des injections d’aflibercept 2 mg toutes les 8 semaines. Une ombre au tableau cependant : des cas d’inflammation intraoculaire, associés à une vascularite rétinienne et à une occlusion vasculaire rétinienne ont été remontés à l’American society of retina specialists (ASRS) et à Novartis suite à la commercialisation du brolucizumab (sous le nom de Beovu®) aux États-Unis. Le laboratoire a donc commandé une analyse post-hoc, menée par un comité de revue de sécurité externe. Celle-ci révèle d’abord que l’incidence des inflammations intraoculaires avec le brolucizumab reste proche (4,6%) de ce qui a été noté au cours des essais Hawk et Harrier (4,4%). En revanche, malgré une faible incidence (moins de 1%) d’une perte de vision au moins modérée liée à une inflammation oculaire, le comité de sécurité a observé que les incidences de la vascularite rétinienne et de l’occlusion vasculaire rétinienne étaient plus élevées que ce qui avait été rapporté par les auteurs des essais cliniques et que celles observées avec l’aflibercept (2,1% contre 1,1%). L’analyse souligne cependant que malgré ces disparités, le taux de perte de vision modérée à sévère reste au final similaire entre les deux traitements (7,4% pour le brolucizumab et 7,7% pour l’aflibercept). Le comité note enfin que les événements inflammatoires se sont produits plus fréquemment dans les 6 mois suivants la première injection de brolucizumab et que ces problèmes précoces sont plus souvent associés à des pertes de vision modérées ou sévères. Les patients sous brolucizumab devraient donc être informés de ces risques potentiels et faire ensuite l’objet d’une surveillance particulière. Novartis appelle les ophtalmologistes qui rencontreraient de telles situations à lui faire remonter les informations ainsi qu’à l’ASRS mais maintient que le traitement reste une bonne option thérapeutique. Le laboratoire met à jour les données le concernant sur le site : www.brolucizumab.info

Dugel PU et al. HAWK and HARRIER: 96-Week outcomes from the phase 3 trials of brolucizumab for neovascular age-related macular degeneration. Ophthalmology. 2020 Jun 20. https://www.brolucizumab.info/dist/files/ASRS_SRC_report.pdf