Les cabinets secondaires contre les zones sous-dotées

À la question des déserts médicaux, le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) entend apporter une partie de la solution : l’exercice en multi-sites. 5900 ophtalmologistes couvraient, en janvier 2018, 10 500 sites, soit une augmentation de l’exercice en multi-sites de 22% depuis 2013.

Une enquête du Snof, révélée à l’occasion du congrès annuel de la SFO, montre en outre que les exercices en clinique (56%) et à l’hôpital (17%) demeurent les sites d’intervention secondaires les plus fréquents de la profession et que seulement 8% des ophtalmologistes interviennent dans des cabinets secondaires (et 1% en maison de santé). Pourtant, pour le Syndicat, l’ouverture de tels cabinets « permettrait d’élargir l’offre de consultation et l’accès aux soins oculaires de première ligne dans les zones sous-dotées où la population est souvent plus âgée et moins mobile. L’avenir de la profession est d’exercer de manière de moins en moins isolée et plus mobile au service des patients. » Et les ophtalmologistes semblent prêts à se mobiliser puisque selon cette même enquête, 25% de la profession seraient intéressés pour ouvrir un cabinet secondaire et 19% se disent prêts à reprendre un cabinet existant sans successeur, afin d’y ouvrir un cabinet secondaire. Alors pourquoi cette pratique ne décolle-t-elle pas ? Le Snof dénonce de trop grandes contraintes (absence d’aide financière, autorisation obligatoire du Conseil de l’Ordre des Médecins, impossibilité de se faire remplacer sur le site principal lorsqu’on intervient sur un autre lieu…) et demande aux pouvoirs publics d’y remédier en assouplissant les conditions d’ouverture des cabinets secondaires. Il semble que sur ce point, il ait été en partie entendu puisqu’un décret, publié le 25 mai au Journal officiel, vient modifier les conditions d’ouverture des cabinets secondaires. Il « allège les procédures en passant d’un régime d’autorisation à un régime déclaratif avec droit d’opposition », précise le texte. Les médecins n’auront ainsi plus qu’à faire une déclaration au conseil départemental ordinal du lieu de l’activité envisagée et ce dernier n’aura que deux mois pour s’y opposer. « Les motifs d’opposition sont strictement définis et ne peuvent être tirés que d’une méconnaissance des obligations de qualité, sécurité et continuité des soins », précise le décret.

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