Le tonomètre à air pulsé : un risque d’émission de gouttelettes contenant des pathogènes

Une étude indienne vient de montrer que l’usage d’un tonomètre (lors du dépistage du glaucome par exemple) entraîne l’émission de gouttelettes lacrymales hors de l’œil. Or les larmes peuvent contenir différents pathogènes (dont le SARS-CoV-2). Les auteurs soulignent l’intérêt de cette découverte pour améliorer les mesures de sécurité lors d’un examen a priori considéré comme sans risque.

Les auteurs ont ainsi observé que le jet d’air émis par le tonomètre, ainsi que la déformation subséquente de la cornée (et son retour à sa forme initiale), provoquaient l’étirement, puis la rupture et l’éjection hors de l’œil sous forme de gouttelettes d’une partie du film lacrymal. Ces gouttelettes sont projetées à la vitesse de 0,2 m/s, sur une distance d’environ 0,5 (soit 1 m autour de l’œil). La distance à laquelle ces gouttelettes peuvent être émises hors de l’œil dépend des mouvements de l’air dans la pièce. Par ailleurs, les yeux secs (contenant par définition moins de liquide) envoient moins de gouttelettes au loin. Les auteurs conseillent donc de ne pas utiliser de larmes artificielles avant le test, sauf nécessité médicale. Nettoyer les objets et surfaces autour du patient après cet examen non invasif a priori sûr pourrait constituer une précaution supplémentaire utile.

Fluid Dynamics of Droplet Generation from Corneal Tear Film during Non-contact Tonometry in the Context of Pathogen Transmission. Durbar Roy et al. Physics of Fluids 33, 092109 (2021)n

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