La vente et l’adaptation des lentilles de contact exclues du contrôle de l’ophtalmologiste ?

Le projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine de la santé, dit « DDADUE », a notamment pour objet de clarifier la réglementation encadrant la vente en ligne des lentilles de contact.

Dans sa version actuelle, il supprimerait la nécessité d’un avis et laisserait à l’opticien-lunettier la libre appréciation de demander ou non à ses clients une ordonnance en cas de vente de lentilles correctrices, en remplaçant l’obligation par une possibilité.

Ce projet de loi doit être discuté à l’Assemblée en septembre. Mais, pour accélérer encore le processus, et sous la pression de Bruxelles, le gouvernement prévoit de publier par anticipation un arrêté qui permettrait aux sites de e-commerce et aux magasins d’optique, de vendre et de procéder à l’adaptation des lentilles de contact pour tous leurs clients, sans avis médical. Seuls les mineurs de moins de 16 ans continueront d’être orientés vers l’ophtalmologiste en amont.

Le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), alerte : « 

Cette mesure, sous couvert de simplifier la vie des consommateurs, se heurte à deux écueils majeurs. Le premier est d’ordre sanitaire : les études montrent que les patients équipés en lentilles sans prise en charge et suivi ophtalmologique ont 6 fois plus de risques de complications infectieuses (…). Le second écueil est déontologique : en l’absence de prescription du médecin, les opticiens seront tentés de vendre aux patients les lentilles sur lesquelles ils bénéficient de la marge commerciale la plus importante, et non celles qui sont le mieux adaptées à chaque individu. »

Les Cahiers d’Ophtalmologie n°170 (mai 2013)
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