La transferrine contre les maladies de la rétine

L’incidence du décollement de la rétine chez l’adulte « varie entre 10 et 55 pour 100 000 individus/an et est plus importante chez les personnes atteintes de myopie, expose l’Inserm dans un communiqué. Malgré les importants progrès réalisés dans les techniques chirurgicales, le “recollement” de la rétine ne permet pas une récupération visuelle totale et impacte fortement la qualité de vie. L’amélioration de la vision après une chirurgie du décollement de la rétine est donc un défi thérapeutique. »

Or une équipe de l’Institut vient justement de faire une découverte en ce sens : les chercheurs ont évalué la présence de fer dans l’œil comme marqueur prédictif du décollement de la rétine et comme cible thérapeutique de la maladie et ont montré que l’augmentation de la saturation en fer est corrélée à une mauvaise récupération visuelle. In vitro et in vivo, le fer induit une nécrose immédiate et à une apoptose retardée des neurones. Ils ont alors testé chez des souris et sur des cellules de rétine humaine en culture une supplémentation en transferrine, une protéine naturellement chargée de transporter le fer, et ont observé que celle-ci semble préserver la rétine. De plus, même si elle est administrée tardivement alors que la maladie est déjà déclarée, la transferrine peut prévenir d’autres altérations rétiniennes ainsi que la mort cellulaire. Emilie Picard, chercheuse Inserm en charge de l’étude, précise : « ces résultats sont très prometteurs, toutes les maladies dégénératives de la rétine sont associées à une accumulation de fer. Cela implique que la transferrine pourrait constituer un nouveau traitement pour ces maladies qui sont fréquemment cumulées et invalidantes. » Des essais cliniques sur l’homme sont donc prévus.


Daruich A, Le Rouzic Q, Jonet L et al. Iron is neurotoxic in retinal detachment and transferrin confers neuroprotection. Sci Adv. 2019;5(1):eaau9940.

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