La rétinopathie drépanocytaire chez les adolescents serait-elle plus fréquente qu’envisagé ?

D’après les techniques de dépistage standard, la rétinopathie drépanocytaire toucherait 10% des adolescents atteints de drépanocytose. Mais les résultats d’une étude publiée par des chercheurs américains laissent penser que ce pourcentage pourrait être inférieur à la réalité. Les scientifiques ont en ­effet examiné les yeux de 16 adolescents, âgés de 10 à 19 ans et atteints de drépanocytose, ainsi que de 5 adolescents ­témoins.

Ils ont pour cela fait appel au biomicroscope mais également à l’angiographie par fluorescéine en champ ultra-large (UWFA), à l’OCT-spectral domain (SD-OCT) et à l’OCT-A. Or ils ont observé que 6% des yeux des 16 adolescents présentaient au biomicroscope des traces de rétinopathie mais que ce chiffre augmentait avec la combinaison des autres techniques d’imagerie. L’UWFA a ainsi détecté des ­occlusions périphériques ou des anastomoses artériolo-veinulaires (stades I et II de la classification de Goldberg) dans 100% des yeux des patients drépanocytaires. 20% de ceux-ci ont en ­outre révélé un épaississement rétinien au SD-OCT, correspondant à des zones de non-perfusion observées à l’OCT-A. En revanche, aucune de ces perturbations n’a été observée chez les adolescents témoins. Les auteurs estiment que puisque l’ensemble de ce petit échantillon présente des traces de rétinopathie drépanocytaire, il est possible que la prévalence de la maladie soit beaucoup plus élevée que prévue. Si ces résultats sont confirmés par d’autres études plus importantes, ils impliqueraient une nécessaire détection précoce, à l’aide de différentes techniques d’imagerie, de la maladie.

Pahl DA et al. Optical coherence tomography angiography and ultra-widefield fluorescein angiography for early detection of adolescent sickle retinopathy. Am J Ophthalmol. 2017;183:91-8.

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