Imagerie en ophtalmologie : de la théorie à la pratique

Le congrès « Imagerie en Ophtalmologie » a fêté, le 4 octobre 2019, son dixième anniversaire avec un succès grandissant reposant sur un programme entièrement dédié aux problématiques d’imagerie oculaire. Ce domaine, très rapidement évolutif, pousse à un échange régulier avec les différents intervenants, qu’ils soient médecins utilisateurs, orthoptistes ou fabricants.

L’imagerie du glaucome occupe une place importante dans ce congrès, avec une ­session spécifique d’analyse de la papille et des fibres optiques complétée par la quantification du flux vasculaire superficiel autour de la papille par OCT-A (figure 1). L’approche de l’angle irido­cornéen a été aussi analysée dans les sessions d’échographie et UBM et d’imagerie du segment antérieur avec l’apport des OCT de segment antérieur de champ assez large pour imager tout le segment antérieur avec les outils de mesure des paramètres de risque du glaucome par fermeture de l’angle (figure 2).
Les sessions d’imagerie de la rétine ont été complétées cette année par une session spécifique d’imagerie grand champ, soit par rétinographie ou angiographie avec produit de contraste, soit par les évolutions récentes des OCT à large champ et leur apport en OCT-A. Cette acquisition par OCT bénéficie d’appareils qui proposent des longueurs de B-scan de plus en plus longues ou de techniques de mosaïque par jonction automatique de plusieurs acquisitions. Éric Souied a présenté l’intérêt de cette imagerie par OCT-A pour la région maculaire, avec notamment le suivi de la DMLA, mais aussi pour les pathologies vasculaires qui entraînent des anomalies ­vasculaires plus éloignées de la région maculaire (figure 3).

La session d’imagerie des tumeurs oculaires a permis de faire le point sur la complémen­tarité des systèmes d’imagerie, avec souvent la nécessité d’une approche multimodale prônée par Leonidas ­Zographos.

L’imagerie de la cornée et du segment antérieur prend une place de plus en plus importante en pratique courante. Plusieurs sessions du congrès étaient dédiées à l’évolution des différentes technologies : topographie cornéenne pour le suivi des greffes de cornée ou détection des kératocônes (figure 4). L’imagerie par OCT de segment antérieur évolue vers des coupes de plus haute résolution permettant une très bonne analyse des nouvelles techniques de greffe de cornée, comme l’a présenté Marc Muraine. Pour sa part, Christophe Baudouin a expliqué ­l’intérêt de l’OCT-A du segment antérieur et de la surface ­oculaire avec les nouveaux appareils OCT.

La session de calcul d’implant prend toute sa place dans la panoplie des examens ­d’explo­ration du globe oculaire, avec discussion sur la pertinence des différentes mesures par OCT ou échographie, notamment en mode-B (figure 5). Les calculs d’implants complexes après une chirurgie réfractive ou d’implants premium bénéficient des dernières avancées techniques.

Peter Good (Grande-Bretagne) a pu partager son expérience dans l’exploration oculaire par électrophysiologie pour les pathologies acquises ou ­héréditaires.

La session de radiologie a ­permis de faire le point sur les indications de bilan complémen­taire en radiologie, scanner ou IRM, soit dans le cas d’une pathologie glaucomateuse, soit dans celui d’une atteinte neuro-ophtalmologique.

La place de l’imagerie pour suivre les IVT a été discutée par Irmela Mantel au cours d’une session spécifique avec, par exemple, l’analyse par imagerie des DMLA réfractaire. Les différents lasers en matière de glaucome et de traitement rétinien ont été ­présentés de façon didactique en incluant les nouvelles ­technologies.

Le point d’orgue de la journée a été la session plénière consacrée, cette année, à l’intel­ligence artificielle qui semble pouvoir se combiner à nos explorations soit en cas d’attein­tes rétiniennes, comme l’a exposé Vincent Gualino, soit pour les explorations du glaucome dont les évolutions actuelles et à venir ont été ­présentées par Linda Zangwill (États-Unis) (figure 6).

La spécificité de cette manifestation est de proposer une longue séance de travaux pratiques autour des appareils mis à disposition par les fabricants et exposés par des utilisateurs spécialisés. Cette session permet ainsi d’essayer les différents appareils avant de choisir son équipement ou de compléter sa maîtrise d’un appareil déjà utilisé en pratique courante.

Le prix de la meilleure présentation a été attribué à Patricia José Figeiredo (Portugal) pour son travail « Ultrasonographic features of choroidal metastasis » (figure 7). 

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