Echos SFO 2018.
Au contact de nouvelles lentilles

Les lentilles pour prévenir et guérir ?

Le contrôle de la myopie est un enjeu majeur de santé publique puisqu’il de­vrait concerner 5 milliards d’individus dans le monde en 2050 contre 2,5 milliards aujour­d’hui. La grande nouveauté en orthokératologie a été mise en avant lors du symposium Precilens avec la présentation de la lentille DRL Prévention. La défocalisation en périphérie augmente avec les lunettes chez les enfants myopes. L’image se forme ainsi légèrement en arrière du fait de la courbure sclérale (défocalisation hypermétropique). Le but de cette nouvelle lentille est de stimuler l’arrêt de la croissance de l’œil (figure 1).

Son ­design est basé sur une zone optique réduite, plus proche du centre de l’aire pupillaire, avec une meilleure défocalisation périphérique et un double réservoir de larmes (un premier qui renforce l’effet freinateur et augmente la quantité d’addition générée, et un second pour un meilleur ­centra­ge et une efficacité renforcée du traite­ment) (figure 2). Cette lentille de nuit est indiquée chez l’enfant pour des myopies jusqu’à -4 D. Elle s’adapte avec les paramètres suivants : le K (rayon cornéen), le M (myopie à corriger), le C (astigmatismes cornéens) et le P (changement de la zone tangente d’appui périphérique).

Quel confort pour les lentilles rigides ?

Les laboratoires LCS ont élargi leur gamme de lentilles rigides avec l’arrivée de l’EyeBrid AirKone (figure 3).

La géométrie, destinée aux patients atteints d’un kératocône, est la même mais en version hybride. L’objectif est d’améliorer le confort, frein principal à l’adaptation chez des patients souvent atopiques, et donc l’observance et le centrage de la lentille. L’adaptation est la même qu’avec la lentille AirKone. La zone rigide est ­définie en fonction du Ro, l’edge lift est variable de -2 à +3, et la jupe disponible de -1 (moins plate) à +1 (plus plate). La nouveauté chez Dencott en lentille minisclérale s’appelle OneFit. Elle est indiquée chez les patients présentant une sécheresse oculaire et ne tolérant pas les lentilles souples ou perméables au gaz de petit diamètre, et chez ceux ayant des cornées prolates, ectasiques ou cicatricielles. Elle passe en pont sur la cornée et sur le limbe avec un appui scléral. Le Dk/e est d’environ 35 pour une lentille de 200 µm d’épaisseur, avec un ménisque de larmes idéalement de 150 à 170 µm au centre. Le diamètre standard est de 14,90 mm. L’avantage de cette lentille est son adaptation assez aisée puisqu’elle se base sur le méridien le plus plat. La clairance au point le plus cambré de la cornée est ensuite analysée, autour de 250 µm à la pose. Sont ensuite vérifiés le dégagement au limbe et la périphérie.

Au total, nous pouvons tirer deux messages de ces trois grandes nouveautés en contactologie dans des domaines variés : persévérer même dans les cas d’adaptation difficile et ne pas considérer la myopie évolutive comme une fatalité, grâce au développement constant de l’ortho­kératologie dont nous comprenons de mieux en mieux les principes d’adaptation.

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