Des chiffres pour objectiver l’intérêt de la téléconsultation

Les Entreprises de Télémédecine (LET), une association créée en 2019 et qui rassemble une vingtaine de sociétés du secteur, s’est livré à une vaste analyse de 1 840 885 téléconsultations, récoltées d’août à novembre 2021 en France métropolitaine, auprès des sociétés Doctolib, Feeli, Livi, Medadom, Qare, Teladoc et Tessan. Et selon le Dr Maxime Cauterman, président des Entreprises de Télémédecine, cette étude révèle que « la téléconsultation est l’une des réponses aux enjeux d’accès aux soins, qu’elle participe à diminuer le recours aux urgences, qu’elle est accessible pour tous, et que surtout, elle ne désorganise pas les pratiques ».

Sur le premier point en effet, l’analyse montre que 25,1% des patients qui téléconsultent vivent dans un désert médical, alors que ce n’est le cas que de 17,3% de la population française. 27,6% des patients en téléconsultation n’ont par ailleurs pas de médecin traitant, contre seulement 10,9% dans la population française et le recours à la téléconsultation est finalement deux fois plus important dans les déserts médicaux qu’ailleurs. Autres chiffres notables sur lesquels s’appuient les conclusions du LET : le recours à la téléconsultation la nuit est près de 2 fois plus important le week-end qu’en semaine mais 80,9% des téléconsultations ont lieu pendant les horaires de permanence des soins et 90,6% des téléconsultations ont lieu la semaine, et n’impactent donc pas l’organisation des pratiques. Le taux de prescription à l’issue d’une téléconsultation est en outre du même ordre de grandeur qu’en présentiel (89% dans l’étude contre 80,7% en présentiel s’agissant des prescriptions médicamenteuses seules). « Si ces données descriptives et quantitatives ne permettent pas d’analyser la qualité des pratiques ni de réaliser une approche médico-économique, c’est une première étape riche de nombreuses informations innovantes qu’il conviendra d’appuyer par des études ultérieures », conclut le LET.

N. Le Jannic