Compte rendu du 48e congrès de l’ECLSO
les 14 et 15 septembre 2018 à Mandelieu (France)

Cette nouvelle édition du congrès de l’ECLSO (European Contact Lens Society of Ophthalmologists) s’est révélée être un grand succès : près de 250 participants se sont réunis dans le sud de la France pour assister aux conférences sur les innovations de l’utilisation des lentilles de contact pour le contrôle de la myopie, les différents matériaux ainsi que l’adaptation des lentilles de contact souples. Et aussi pour participer aux sessions scientifiques sur les lentilles sclérales et les implications de la pratique clinique du rapport DEWS II sur la sécheresse oculaire (DED). 

 

Compte rendu rédigé par le Pr Carina Koppen (PhD, MD), Frank van den Eynde et Marion Rohat (Europa Group)

Après la cérémonie d’ouvertu­re, quatre orateurs de renom ont souligné différents aspects du contrôle de la myopie : ­Jere­my Guggenheim (Royaume-Uni), Wolf Lagrèze (Allemagne), Bruce Koffler (États-Unis) et Langis Michaud (Canada).

Jeremy Guggenheim a évoqué l’influence des facteurs génétiques sur l’apparition et le développement de la myopie. Conclusion : la myopie est une maladie multifactorielle ayant une incidence croissante sur la population mondiale.

Wolf Lagrèze a parlé de l’effet de l’atropine sur la progression de la myopie chez les enfants (première année du cycle primaire). Une étude clinique a démontré que l’administration de gouttes d’atropine ralentis­sait en premier lieu la progres­sion de la myopie, mais qu’une croissance accrue était observée dans un second temps. En revanche, cela semble efficace en la combinant avec des activités de plein air (au moins 10 heures par semaine).

Bruce Koffler a proposé l’ortho­kératologie comme moyen de traitement de la myopie. En moulant la cornée à travers des lentilles cornéennes spéciales, on observe un aplatissement central qui permet d’ajuster l’image projetée sur la rétine. Langis Michaud a suggéré l’utilisation de lentilles de contact souples pour contrôler la myopie. Il a souligné que pour en évaluer l’efficacité, la mesure de la puissance en dioptries était beaucoup moins précise que celle de la longueur axiale de l’œil.

Dans l’après-midi, Shehzad Naroo (Royaume-Uni) et Ömür Uçakhan (Turquie) ont présenté l’historique du développement et de l’utilisation des lentilles de contact Hydrogel (Hy) et Silicone Hydrogel (SiHy).

Une table ronde réunissant Helmer Schweitzer (Alcon), Ioannis Tranoudis (Johnson & Johnson), Gudrun Bischoff (IMCLC, Allemagne), René Mély (président de l’ECLSO), Marcelo Sobrinho (SOBLEC, Brésil) et Shehzad ­Naroo a révélé qu’il y avait encore une place pour les lentilles de contact Hydrogel (Hy) ainsi que pour les lentil­les Silicone ­Hydrogel (SiHy). En effet, les ­fabricants ­améliorent continuellement les matériaux.

Eef van der Worp (Amsterdam, Pays-Bas), dans La Science et la technique de l’adaptation d’une lentille souple, indique que, lors de la pose d’une lentille de contact souple, les contactologues apprennent à mesurer les paramètres ­oculai­res, puis à rechercher une lentille qui s’adapte approximativement aux valeurs mesurées. Ainsi, la plupart du temps, l’œil est adapté à la lentille de contact et non l’inverse.

Le samedi 15 septembre a débuté avec l’assemblée générale de l’ECLSO. René Mély a prononcé un discours commémorant Wulff Ehrich (1926-2018), ancien vice-président du conseil d’administration et membre d’honneur de l’European Contact Lens Society. Il était également l’auteur de l’ouvrage Atlas der Kontaktlinsenanpassung et fondateur du journal Contactologia.

Les principaux thèmes abordés ce jour-là étaient la sécheresse oculaire, l’infection par le zona et les lentilles sclérales.

Christophe Baudouin (Paris), Ömür Uçakhan, Penny Asbell (Memphis, États-Unis) et Elisabeth Messmer (Munich, Allemagne) ont formé la table ronde sur le thème de la sécheresse oculaire. Christophe Baudouin s’est ­référé au rapport du DEWS II concernant la révision et la précision de la classification des causes et des symptômes de la sécheresse oculaire. À l’aide d’une série de rapports de cas, Ömür Uçakhan s’est concentrée sur la classification, les signes et les symptômes de la sécheresse oculaire.

Penny Asbell a mentionné toute une gamme de traitements nouvellement développés qui doivent encore trouver leur place dans le paradigme des traitements. Elle fut explicite sur un point : le rêve (Oméga 3) prend fin. La double étude sur l’évaluation et la gestion de la sécheresse oculaire (DREAM) a montré que la supplémentation en acides gras oméga-3 n’était pas plus efficace qu’un placebo à base d’huile d’olive pour réduire les signes et les symptômes de la DED modérée à sévère.

Lors de sa communication, Elisabeth Messmer s’est focalisée sur les mécanismes d’apparition et les possibilités de traitement de la douleur neuro­pathique. La situation la plus courante est un patient présentant un degré élevé de symptômes sans cause évidente.

Ensuite, Penny Asbell a présenté sa communication sur le zona, fondée sur l’étude ZEDS (Zoster Eye Disease Study). ZEDS est un essai clinique multicentrique, randomisé, en double aveugle, du ­valacyclovir suppressif pendant 1 an sur des participants immunocompétents présentant un épisode de kératite et/ou une irite due à l’herpes zoster ophthalmicus (HZO) au cours de l’année précédente. Récemment, on a observé une augmentation de l’incidence et une diminution de l’âge des patients atteints d’un zona dans la population générale.

Dans l’après-midi, un panel composé de Lynette Johns (Boston, États-Unis), Eef van der Worp, Greg Denaeyer (Colombus, États-Unis) et Langis Michaud a traité des controverses concernant les lentilles sclérales.

Dans une dernière allocution, Marc Muraine (Rouen) a présenté son étude sur les mécanismes à l’œuvre dans l’interaction des lentilles de contact sclérales avec l’œil dans les maladies de la surface oculaire. Il a comparé avec éloquence les cellules épithéliales de la ­cornée à des fleurs nécessitant des nutriments et de l’eau, tandis que la lentille sclérale fonctionne comme une serre pour une croissance améliorée.

Lors d’une séance spéciale, le président de l’ECLSO a remis la médaille Fick-Kalt-Müller à Florence Malet (Bordeaux) pour sa carrière exceptionnelle en ophtalmologie et son remarquable dévouement à l’ECLSO. Le prix de la meilleure commu­nication libre a été attribué à Didem Yigit Dizdar (Turquie) et celui du meilleur poster ­affiché à Juliette Knoeri (Paris).

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