Comment produire des photorécepteurs plus rapidement

C’est un début mais un début encourageant : chez des souris, des chercheurs américains ont réussi à reprogrammer des fibroblastes de la peau directement en photorécepteurs, sans passer par l’étape cellule souche.

Une première, qui représente un gain de temps dans la fabrication de bâtonnets destinés à la transplantation : alors que ceux-ci peuvent prendre jusqu’à six mois à obtenir en passant d’une cellule de la peau à une cellule souche puis à un photorécepteur, la nouvelle méthode mise au point par les chercheurs a permis d’en produire en dix jours. Pour ce faire, ils ont baigné les fibroblastes dans un cocktail de cinq petites molécules et les ont ainsi chimiquement reprogrammés. En vérifiant le profil génétique de ces nouveaux bâtonnets, les scientifiques ont observé qu’ils exprimaient les mêmes gènes que les photorécepteurs normaux et non plus les gènes exprimés dans les cellules de la peau. Transplantés chez des souris aveugles modèles pour la perte de photorécepteurs, ces bâtonnets chimiquement induits ont restauré un réflexe pupillaire chez 43% des animaux à faible éclairage (aucun animal contrôle ne montrait de réflexe). Les souris traitées ont aussi passé significativement plus de temps à chercher des endroits sombres, ce que n’ont pas fait les souris contrôles et qui tend à montrer qu’elles distinguaient la lumière. Trois mois après la transplantation, les examens à l’immunofluorescence ont montré que les bâtonnets et leurs connections synaptiques aux neurones de la rétine étaient toujours présents.

Mahato B, Kaya KD, Fan Y et al. Pharmacologic fibroblast reprogramming into photoreceptors restores vision. Nature (2020).