AAO : quoi de neuf sur la rétine

AAO : quoi de neuf sur la rétine

Le congrès 2015 de l'American Academy of Ophthalmology s'est déroulé à Las Vegas du 14 au 17 novembre. Comme chaque année, cette manifestation n'a pas été avare en nouveautés et recommandations en pathologies vitréo-rétiniennes. Voici les points clefs que nous avons retenus qui ne manqueront certainement pas d'apporter des ajustements dans notre pratique quotidienne.

• En chirurgie, la place de la vitrectomie 27G a été largement débattue. Si cette technique nous offre aujourd'hui des opportunités dans des pathologies complexes, elle ne peut encore être considérée comme un standard.Une autre question, relative cette fois au positionnement des patients en postopératoire, de trou maculaire a été tranchée en relativisant l'intérêt d'un positionnement prolongé si les tractions tangentielles et antéro-postérieures étaient levées et que la bulle de gaz remplissait correctement la cavité.

• En rétine médicale, la DMLA a été largement abordée. L'étude AUROLA, prospective et multicentrique, a montré l'efficacité d'un nouveau anti-VEGF, le combercept, dans le traitement de la vasculopathie choroïdienne polypoïdale (VCP). D'autre part, l'étude LAPTOP a révélé que le gain visuel était plus important dans cette pa thologie chez les patients traités par ranibizumab versus la photothérapie dynamique (PDT), tandis que l'étude EVERST a retrouvé un taux d'occlusion capillaire meilleur dans le groupe PDT.

La squalamine a déçu en ne démontrant pas son efficacité à espacer les injections lors- qu'elle était associée au rani- bizumab. Cette association semble néanmoins améliorer le gain d'acuité visuelle en particulier en cas de néovaisseaux de type 2.

Dans la DMLA exsudative, de nouvelles voies d'administration sont en cours d'élaboration : des implants biodégradables ou fixés chirurgicalement et « rechargeables », ou encore des thérapies géniques véhi- culées par des vecteurs viraux. Des molécules anti-VEGF à hautes affinités sont égale- ment attendues comme le combercept.

• La DMLA atrophique demeure le parent pauvre en matière de traitement, même si une étude prometteuse sur l'effica- cité des anticorps antibêtaamyloïde doit prendre fin en 2016. En matière d'exploration, l'accent a était mis sur l'autofluorescence qui reste l'examen de choix pour délimiter les terri- toires d'atrophie géographique. L'OCT semble également représenter un outil prédictif d'une évolution vers l'atrophie à travers une association de signes.

• Dans l'occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR), une étude prospective a montré qu'un switch vers l'aflibercept en cas d'échec d'un autre traitement anti-VEGF peut avoir un intérêt dans l'espacement des injections et l'amélioration du gain visuel.

• Dans la choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC), deux posters ont suggéré l'efficacité des traitements anti-aldos-térone (spironolactone ou éplé- nérone) dans la réduction du décollement séreux rétinien en insistant sur l'intérêt d'une instauration précoce de ces traitements. D'autre part, la pachychoroïde est de plus en plus évoquée pour définir un nouveau cadre nosologique où la CRSC et ses complications trouveraient leur place.

• Pour les pathologies inflammatoires, l'imagerie par auto- fluorescence semble pouvoir se substituer à l'angiographie dans les taches blanches. L'OCT-EDI montre de son côté un épaississement de la cho- roïde dans la sarcoïdose, l'épithéliopathie en plaque, la cho- roïdite serpigineuse ou de type birdshot. Cet examen permet également un suivi évolutif de cet épaississement sous traitement.

• Dans la rétinochoroïdite toxo-plasmique, le traitement classique par pyriméthamine sulfa- diazine potentiellement asso- ciés à des corticoïdes peut laisser place à d'autres thérapeutiques : ainsi la clindamycine en injections intravitréennes (IVT), l'azythromycine en association ou l'atovaquone pourraient être utilisés en curatifs, tandis que l'association triméthoprime- sulfaméthoxazole « Forte » tous les trois jours réduirait, en préventif, les risques de récurrences.

• Dans le diabète, la notion de « mémoire glycémique » a été remise au goût du jour. Le protocole S du DRCRnet a comparé les IVT de ranibizumab en PRN à la photocoagulation panrétinienne (PPR) dans la rétinopathie diabétique proli- férante en montrant une supériorité des IVT sur l'évolution du champ visuel, la réduction des indications de vitrectomie et la régression de l'œdème maculaire diabétique.

Le protocole I a de son côté montré que le gain visuel à trois mois était prédictif du pro- nostic à long terme au point de nous inciter à considérer d'autres alternatives théra- peutiques en cas de résultats insuffisants à trois mois.

Auteurs

Les derniers articles sur ce thème

L'accès à la totalité de la page est protégé.

Je m'inscris

Identifiez-vous