30% des étudiants en médecine victimes de harcèlement sexuel à l’hôpital

C’est une nouvelle enquête aux conclusions alarmantes que vient de publier l’associa tion nationale des étudiants en médecine de France (Anemf). Celle-ci, qui a interrogé plus de 4 000 étudiants en médecine par internet en mars et avril 2020, s’est en effet intéressée aux violences sexistes et sexuelles subies lors des études de médecine (de la deuxième à la sixième année).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en milieu hospitalier, 39% des répondants ont indiqué avoir reçu des remarques sexistes, un fait qui touche quatre fois plus les femmes que les hommes. Dans 77% des cas, ces agissements sexistes ont même relevé du harcèlement sexuel, c’est-à-dire qu’ils ont eu lieu de manière répétée. Au total, 30% des répondants ont ainsi été victimes de harcèlement sexuel (et là encore, les femmes sont presque 4 fois plus concernées que les hommes). Neuf fois sur 10, le harcèlement était perpétré par un supérieur hiérarchique, souligne l’enquête. Plus grave encore, 5,2% des étudiants ont été victimes de gestes déplacés pendant leur stage (6% chez les femmes ; 3% chez les hommes). Enfin, deux hommes et une femme ont été victimes de viol et 18 étudiants disent avoir eu connaissance de situations de viols sur leurs collègues en milieu hospitalier. Or, face à ces situations, le silence reste trop souvent la réponse : seulement 10 à 22% des étudiants victimes de violences sexistes ou sexuelles (en fonction du type de violences subies) en milieu hospitalier ont signalé les faits à une personne tierce. Parmi les motifs invoqués par ceux n’ayant pas signalé les violences subies, le sentiment que cela ne servirait à rien et le fait de ne pas savoir à qui s’adresser arrivent en tête. Le milieu universitaire n’est pas non plus épargné par ces violences : 38,5% des répondants ont reçu des remar ques sexistes dans le cadre de la vie étudiante ; 18,4% ont été victimes de harcèlement sexuel ; 15% ont été victimes d’agressions sexuelles ; 2,7% ont été victimes de viol. Dans la très grande majorité des cas, les responsables sont d’autres étudiants. Et là encore, seule une minorité des violences sont signalées. « L’omerta doit se briser, la tolérance zéro plus que prônée doit être appliquée et les agissements doivent cesser », conclut l’Anemf.

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