Une nouvelle indication pour Lucentis®

La néovascularisation choroïdienne (NVC) est dans la grande majorité des cas due à une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) néovasculaire ou à la myopie forte. Mais chez les patients de moins de 50 ans, une cinquantaine d’autres causes peuvent être à l’origine d’une NVC, comme les choroïdites multifocales/ syndromes de pseudo-histoplasmoses (12% des cas) et les stries angioïdes (5% des cas). D’après une étude menée entre 1990 et 1992, 17% des NVC sont même idiopathiques. Or jusqu’à présent, il n’existait pas de traitement approuvé pour la prise en charge des patients développant une baisse d’acuité visuelle (BAV) due à une NVC associée à une autre cause que la DMLA exsudative ou la myopie forte.

Novartis annonce cependant un changement : le Luncentis® (ranibizumab), fragment d’anticorps monoclonal humanisé, dispose depuis novembre 2016 d’une indication pour ce type de BAV et vient d’obtenir de bons résultats dans un essai clinique baptisé MINERVA. Cette étude pivot de phase III multicentrique, randomisée, en double insu, a comparé l’efficacité et la tolérance du ranibizumab 0,5 mg (administré une fois à l’initiation puis selon un traitement personnalisé en fonction de l’activité de la maladie) par rapport à une injection simulée (à partir du mois 2, tous les patients recevaient du ranibizumab en ouvert si besoin), chez les patients atteints d’une BAV due à une NVC non-associée à une DMLA exsudative ou une myopie forte. Sur 178 patients, 119 ont fait partie du premier groupe et 59 du second.

« Les résultats à deux mois montrent une amélioration de l’acuité visuelle, quelle que soit l’étiologie de la NVC, et ce, jusqu’à un an, annonce Novartis dans un communiqué. En effet, la variation moyenne de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) à 2 mois était de +9,5 lettres dans le groupe Lucentis mais de -0,4 lettres lorsque les injections étaient simulées. Par ailleurs, près d’un patient sur trois ayant été traité par Lucentis présentait une amélioration d’au moins 15 lettres, ou atteignait un niveau d’acuité visuelle de 84 lettres par rapport à la valeur initiale (31,4% avec Lucentis contre 12,3% avec injections simulées). » Le laboratoire annonce en outre que Lucentis a permis de réduire significativement l’épaisseur maculaire centrale moyenne (-77,0 µm avec Lucentis contre +9,8 µm avec injections simulées). Et que plus de la moitié des patients ayant été traités par Lucentis n’avait plus de fluide intra-/sous-rétinien à 2 mois (contre moins d’un tiers pour les injections simulées). Les effets du ­Lucentis sont toujours visibles à 12 mois chez les patients du groupe Lucentis (amélioration de 15 lettres au moins chez 48,7% d’entre eux) et se font également sentir chez les patients n’ayant eu l’injection de Lucentis qu’au bout de deux mois (amélioration de 15 lettres au moins chez 41,8% d’entre eux). Sur le plan des effets secondaires, Novartis annonce à 12 mois, trois effets indésirables oculaires suspectés d’être liés au traitement chez deux patients dans le bras Lucentis (kyste de la rétine, corps flottants du vitré et augmentation de la pression intra­oculaire) et un effet indésirable oculaire chez un patient du bras injections simulées traité par Lucentis (déchirure de l’épithélium pigmentaire rétinien).

Dans cette nouvelle indication, la dose recommandée de Lucentis est de 0,5 mg (correspondant à un volume d’injection de 0,05 ml), administrée en une injection intra­vitréenne unique. L’intervalle entre deux doses injectées dans le même œil doit être d’au moins quatre semaines et est à déterminer de façon individualisée pour chaque patient, en se basant sur l’activité de la maladie.

L'accès à la totalité de la page est protégé.

Je m'inscris

Identifiez-vous