Un déséquilibre vie privée/vie professionnelle pour les femmes à l’hôpital

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l’intersyndicale Actions Praticiens Hôpital a extrait d’une vaste enquête réalisée auprès de 3 100 médecins et pharmaciens hospitaliers les enseignements spécifiques à l’équilibre vie privée/vie professionnelle chez les praticiens hospitaliers. Ceux-ci méritent d’être soulignés : 56% des femmes travaillent plus de 50 h par semaine (88% plus de 40 h) et ont un conjoint qui lui aussi travaille beaucoup (44 h hebdomadaires en moyenne), avec seulement 6% qui exercent en temps partiel. Les hommes répondants ont quant à eux dans 28% des cas une femme exerçant à temps partiel.

 

En outre, « la répartition des tâches domestiques et ménagères est très asymétrique entre les hommes et les femmes, donc le niveau élevé d’études et le fort investissement professionnel ne changent pas les mentalités, et ce même pour les jeunes de moins de 45 ans », précise l’enquête. D’ailleurs, 62% des femmes qui prennent un repos de sécurité l’utilisent pour s’occuper des enfants ou pour les tâches domestiques, contre 25% pour les praticiens hommes. Et tout cela pèse sur l’évolution de carrière : « si elles avaient moins de contraintes familiales, les femmes aimeraient travailler plus (25% pour 18% pour les hommes), se former davantage (49% pour 33% pour les hommes), s’investir plus dans des missions transversales (31% contre 24,4% pour les hommes), poursuit l’enquête. 36% des femmes considèrent avoir modifié leur parcours professionnel en raison de leur charge familiale contre 22% pour les hommes. Près d’une femme sur 2 (45%) se sent coupable d’avoir jugé sa carrière très importante, notamment vis à vis de ses enfants. Les discriminations ressenties liées au sexe sont elles aussi marquées par un gros différentiel hommes/femmes (18% pour les hommes contre 43% chez les femmes, et ce sentiment s’aggrave chez les femmes de moins de 45 ans pour atteindre 47%). Enfin, 15% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel et 67% témoins d’humiliations ou de harcèlement moral. Pour remédier à la mauvaise adéquation vie privée/vie professionnelles révélée par ces chiffres, l’intersyndicale évoque des pistes, comme le lancement d’une campagne de sensibilisation nationale aux maltraitances diverses, pour vaincre l’omerta ; le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ou son équivalent ouvert aux médecins ; des droits syndicaux ouverts aux médecins ; le lancement d’un observatoire national et régional et local des discriminations sexuelles, avec inclusion des cas de harcèlement.

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