Un collyre pour traiter la cataracte ?

 

Les protéines constituant le cristallin sont assemblées en macrostructures interactives dont l’organisation est essentielle pour la transparence du cristallin et son indice de réfraction. Toute perturbation dans les interactions entre ces protéines va modifier cette structure, avec pour conséquence une exposition des surfaces hydrophobes résultant en une agrégation des protéines et la formation d’une cataracte. Les mécanismes précis qui préviennent cette agrégation et maintiennent la transparence du cristallin sont très peu connus.

Partant de l’étude du génome de familles atteintes de cataractes congénitales, des chercheurs* ont observé la présence de deux mutations distinctes dans le gène d’une enzyme impliquée dans la synthèse du lanostérol qui les a mis sur la voie du lanosterol. Le lanosterol est une molécule amphipathique synthétisée par le lanosterol synthase (LSS) dans une réaction de cyclisation de la voie de synthèse du cholestérol.

Deux mutations homozigotes faux-sens distinctes donnent deux familles qui présentent des cataractes congénitales fréquentes.

Les expérimentations ont montré que le lanosterol était capable de dissoudre les agrégats de protéines opacifiants in vitro et dans des essais de transfection cellulaire. De plus, un traitement par lanosterol a permis de réduire la sévérité de la cataracte et d’améliorer la transparence de cristallins cataractés de lapins in vitro et la sévérité de la cataracte in vivo chez le chien.

Cette étude a montré le rôle clé du lanosterol dans la prévention de l’agrégation des  protéines du cristallin qui ouvre une voie nouvelle dans la prévention et le traitement de la cataracte.

1. Ling Zhao et al. Lanosterol reverses protein aggregation in cataracts. Nature 2015. doi:10.1038/nature14650. Publié en ligne le 22/7/2015.

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