Sur la voie d’une thérapie génique pour les rétinopathies pigmentaires

Le lien entre une mutation du gène RP2 et l’apparition d’une rétinopathie pigmentaire liée à l’X est déjà établi. Mais comment utiliser cette information pour mieux comprendre la maladie et la traiter ?

Épaisseur de la couche nucléaire externe chez les souris modèles pour la mutation RP2 et chez les souris modèles pour cette même mutation mais ayant reçu une version fonctionnelle du gène via un virus adéno-associé.

Des chercheurs irlandais viennent de fournir une première réponse. Ils ont tout d’abord fabriqué de mini-rétines en 3D à partir soit de cellules souches pluripotentes induites issues de patients porteurs de la mutation sur le gène RP2, soit de cellules souches pluripotentes induites manipulées génétiquement pour présenter cette même mutation. Ils ont alors observé qu’au 150e jour de culture, les deux types de mini-rétines ont présenté une augmentation de la mort cellulaire des bâtonnets, suivie d’un amincissement de la couche nucléaire externe de la mini-rétine avant le 180e jour de culture. Pour contrer le phénomène, les scientifiques ont mis au point un virus adéno-associé porteur du gène RP2 fonctionnel. Et l’ont injecté dans les mini-rétines au 140e jour de culture. Et au 180e jour de culture, les mini-rétines traitées révélaient l’expression du gène fonctionnel mais également un nombre de photorécepteurs supérieurs aux mini-rétines non-traitées et une couche nucléaire externe plus épaisse que celles-ci. « Bien qu’il reste quelque temps et beaucoup de travail avant d’arriver à une thérapie génique approuvée, c’est très excitant d’être entré sur un chemin qui pourrait un jour fournir un traitement efficace au secours de la vision », s’enthousiasme Ciara Shortall, l’une des auteurs de l’étude dans un communiqué.

Lane A, Jovanovic K, Shortall C et al. Modeling and Rescue of RP2 Retinitis Pigmentosa Using iPSC-Derived Retinal Organoids. Stem Cell Reports. 2020 Jul 14;15(1):67-79.n