Stries stromales : une nouvelle structure précisée, son rôle identifié

Les stries stromales (ex-stries de Vogt) étaient jusqu’ici principalement connues en tant qu’indicateur clinique du kératocône. Cette série de bandes allant du stroma postérieur au stroma antérieur deviennent en effet plus visibles avec le développement de la maladie. Mais une équipe de chercheurs français vient de démontrer que celles-ci n’étaient pas présentes uniquement dans le cadre de cette pathologie et qu’elles jouaient un rôle dans la biomécanique cornéenne.

Leur étude, basée sur des techniques d’imagerie récente (OCM plein champ, OCT, microscopie confocale, lampe à fente), a ainsi révélé que les stries stromales étaient présentes dans 82% des 118 yeux étudiés (dont 89 atteints de kératocône, œdème ou opacité, et 29 yeux sains). Et que leur orientation, leur nombre et leur étendue varient en fonction des pathologies, ce qui peut en faire de précieux indicateurs cliniques. Les stries semblent par ailleurs être moins nombreuses avec l’âge, sans doute parce que la cornée devient plus rigide. Les chercheurs ont également pu cerner plus précisément la structure des stries : celles-ci contiennent principalement du collagène VI, du lumican et de la kératocane. Le premier est connu pour son rôle dans la résistance à la tension et la transparence du stroma, tandis que les seconds sont impliqués dans le maintien de la forme de la cornée et la transparence du stroma. D’après les auteurs, les expérien­ces menées sur des cornées ­humai­nes et de macaques, montées dans une chambre arti­ficielle et soumises à différentes pressions ­intra­oculaires, suggèrent également que les stries stromales sont associées à la viscoélasticité cornéenne. Cette découverte « pourrait avoir des conséquences dans le diagnostic des pathologies ­cornéen­nes, la chirurgie réfractive et probablement le glaucome », résume le professeur Vincent Borderie, l’un des auteurs de l’étude.

Observation des stries stromales dans des yeux sains (à gauche) ou atteints de kératocône (à droite), par (dans le sens des aiguille d’une montre) microscopie confocale, OCT, OCM plein champ avec vues en coupe transversale (xz) et en face (xy). La barre d’échelle correspond à 100 µm. Les flèches indiquent les stries, qui apparaissent peu nombreuses et obliques dans les yeux sains alors qu’elles sont nombreuses et verticales dans les yeux atteints de kératocône.

Stromal striae: a new insight into corneal ­physiology and mechanics. Kate Grieve, Djida Ghoubay, Cristina Georgeon, Gael Latour, Amir Nahas, Karsten Plamann, Caroline Crotti, Romain Bocheux, Marie Borderie, Thu-Mai Nguyen, Felipe Andreiuolo, Marie-Claire Schanne-Klein et Vincent Borderie. Scientific Reports. 2017 october 19,7(1):13584.

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