Secteur 2 : effet de la concurrence sur les dépassements

Une étude de la Drees portant sur l’effet de la concurrence sur le prix pratiqué et le volume de soins dans trois spécialités (dont l’ophtalmologie) montre que l’augmentation de la densité médicale locale pousse à une baisse des dépassements d’honoraires, compensée par une hausse du nombre d’actes, et en particulier des actes techniques. Le niveau de vie de la population locale joue lui aussi sur l’offre de soins et le tarif fixé.

Comme l’indique cette étude, entre 2011 et 2014, ce sont 85% des ophtalmologistes nouvellement installés qui ont choisi d’exercer en secteur 2, un chiffre en hausse régulière depuis 2005, ce qui fait monter à 51% le nombre d’ophtalmologistes (anciens et nouveaux) exerçant en secteur 2. On observe par ailleurs une concentration importante de spécialistes de secteur 2 sur certains territoires (alors que les spécialistes de secteur 1 sont mieux répartis). « Après correction du biais lié à l’attractivité de certaines zones (...) un médecin spécialiste de secteur 2 qui voit s’installer dans sa commune un confrère exerçant lui aussi en secteur 2 serait amené, à population donnée, à baisser son prix de 3,5% en moyenne », signalent les auteurs. « Inversement, le volume de soins fourni par un médecin du secteur 2 augmente à la suite d’un accroissement de la concurrence autour de lui : celui-ci augmenterait de 3% en cas d’arrivée d’un nouveau médecin dans la commune. » De façon plus fine, les spécialités dites techniques, dont les ophtalmologistes, « transfèrent une partie de leur activité vers des actes techniques, dont le nombre augmente significativement en cas de hausse de la densité de médecins concurrents. Cet accroissement du nombre d’actes techniques fait plus que compenser la baisse du nombre des consultations. »