Sécu : le déficit va replonger en 2019

La Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) a remis en cause le retour à l’équilibre pour l’année 2019. Le déficit de la Sécurité sociale, qui était à son plus bas niveau depuis 18 ans (il était de 1,2 milliards en 2018 contre 5,1 en 2017), devrait replonger cette année, entre 1,7 et 4,4 milliards d’euros, d’après le rapport (long de 195 pages) de la CCSS. Le gouvernement avait pourtant annoncé un retour à l’équilibre, mais une baisse de recettes est attendue (qui « résulte pour l’essentiel d’une croissance de la masse salariale soumise à cotisations nettement inférieure à la prévision initiale », indique la CCSS).

Plusieurs mesures sont pointées du doigt : prime exceptionnelle de fin d’année exonérée de prélèvements sociaux, avancement au 1er janvier 2019 de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires initialement prévue au 1er septembre 2019, réduction de 1,7 point du taux de CSG sur les pensions des retraités dont le revenu est inférieur à certains seuils, sans parler du ralentissement de la croissance économique (1,4% attendu contre 1,7% prévu au moment du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale). L’addition serait d’autant plus salée si l’État ne compensait pas les mesures d’urgence en question. « La trajectoire de retour à l’équilibre de la Sécurité sociale serait ainsi compromise », de même que « la situation excédentaire prévue pour 2020 », annonce la CCSS. « En revanche les dépenses attendues du régime général et du FSV sont proches de la prévision initiale », souligne le rapport, et « sur la base de la répartition rectifiée en LFSS pour 2019, les dépenses de soins de ville sont en sous-exécution de 0,3 Md€ ». Partant de ce constat qui montre les « efforts continus des médecins libéraux depuis plusieurs années pour contenir les dépenses de soins de ville », la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) souligne que « ces bons résultats ne doivent pourtant pas masquer la réalité. Il est plus qu’urgent de réorganiser le système de santé français qui souffre, tout particulièrement la médecine de ville ». Même son de cloche du côté du Syndicat des médecins libéraux (SML) : le respect de l’Objectif des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) l’a été « grâce à la médecine de ville » et « il appartient à l’État de trouver les moyens de compenser les pertes de recettes infligées à la Sécurité sociale (...), sans recourir à de nouvelles économies sur les soins ».

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