Recherche et thérapies : où en est-on aujourd’hui, et quelles sont les perspectives d’avenir ?
Le point avec les chercheurs de l’Institut de la vision

Présentations organisées par Optic 2ooo le samedi 11 et lundi 13 mai 2019
D’après les interventions d’Isabelle Besson-Faure, Alain Chédotal et Serge Picaud

Thérapie génique et thérapie cellulaire
La thérapie génique consiste à amener un gène, au moyen d’un vecteur, dans des cellules qui présentent une anomalie génétique empêchant le développement de certaines protéines nécessaires à la vision. C’est le procédé utilisé par exemple par le Luxturna®, dont l’injection sous-rétinienne permet de pallier le déficit du gène RPE65 qui fait défaut dans la rétinopathie pigmentaire et l’amaurose congénitale de Leber. D’autre part, la même approche thérapeutique fait l’objet actuellement d’un essai clinique de phase III pour une autre maladie de la vision qui touche les cellules ganglionnaires de la rétine, la neuropathie optique de Leber.
La régénération des axones des cellules ganglionnaires impose une modification des microtubules de leur cytosquelette, rendue possible par la thérapie génique ou par des drogues tel le taxol. Une fois la repousse axonale obtenue, la reconnexion du neurone dans le cerveau devra se faire vers la bonne cible. Alors que pendant plus d’un siècle, tous les scientifiques pensaient la régénération des neurones du système nerveux central (dont font partie les neurones rétiniens) impossible, nous sommes en train de prouver le contraire !
La thérapie cellulaire consiste à apporter des cellules pour en remplacer d’autres, défaillantes. Il s’agit d’utiliser des cellules embryonnaires ou des cellules IPS (fibroblastes de peau qui grâce à un cocktail de molécules retrouvent des caractéristiques embryonnaires) qui se différencient en différents types cellulaires pouvant être transplantées dans l’œil.
Ainsi il a été possible de reconstituer un épithélium rétinien. Une fois différenciées en épithélium pigmentaire, les cellules sont mises en culture sur une membrane amniotique, puis le greffon est injecté sous la rétine. Le premier patient sera injecté en septembre 2019.
La thérapie cellulaire pourrait également être envisagée pour la régénération du nerf optique.

Comment redonner une vision utile à un patient qui a perdu ses photorécepteurs ?
Rétine artificielle
Dans la rétine, les photorécepteurs transforment la lumière en une activité électrique. Sous les photorécepteurs, deux couches de neurones ont pour rôle de formater l’information électrique des photorécepteurs, puis de l’envoyer au cerveau. Des prothèses rétiniennes peuvent réactiver ces 2 couches en injectant un courant dans la rétine.
Il y a quelques années, les implants épirétiniens Argus II ont vu le jour. Ils nécessitent un boîtier externe et une caméra, le tout étant relié par des fils. Actuellement, un implant sous-rétinien, constitué d’une plaque d’électrodes insérée à la place des photorécepteurs, est en cours de développement. Il permettrait de s’affranchir des fils de l’Argus II. À ce jour, 5 patients atteints d’une DMLA ont été implantés. Il pourrait s’agit du premier traitement de la DMLA atrophique sévère.

Thérapie optogénétique
La thérapie optogénétique repose sur le principe que c’est un canal ionique photosensible qui produit un courant dans le photorécepteur. N’importe quel neurone muni de ce canal ionique serait transformable en photorécepteur. Au moyen d’un vecteur de thérapie génique injecté dans le vitré, les cellules ganglionnaires pourraient exprimer le canal ionique et devenir photosensibles. Jusqu’à présent, 3 patients atteints d’une rétinopathie pigmentaire ont été injectés.
En parallèle des travaux de recherche fondamentale, les nouvelles technologies sont mises au service des patients déficients visuels pour améliorer leur quotidien. Ainsi, 2019 a vu naître le premier GPS vibrant composé d’un bracelet vibrant et d’une application smartphone géolocalisante, ou les premiers casques de réalité virtuelle pour les exercices de simulation de vraie vie.

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