OCT-angiographie grand champ pour l’évaluation de la rétinopathie diabétique

Pour observer la vascularisation de la rétine, plusieurs techniques sont aujourd’hui à disposition… mais chacune a ses limites. L’angiographie à la fluorescéine (AF) par exemple produit des images en deux dimensions sur lesquelles il est difficile de différencier les réseaux capillaires superficiels des réseaux profonds. Quant à l’OCTA, elle donne des images en 3D mais sur une petite zone seulement. Des chercheurs américains ont donc eu l’idée d’essayer de combiner la swept-source OCTA (SS-OCTA) avec l’extended field imaging (EFI, imagerie grand champ).

©J.Conrath

Ils ont ainsi observé 37 yeux de 27 patients atteints de rétinopathie diabétique (RD). Parmi ceux-ci, quatre yeux souffraient de RD non proliférante (RDNP) minime, neuf d’une RDNP modérée, 11 d’une RDNP sévère et 13 d’une RD proliférante. Les chercheurs ont noté que la zone du fond d’œil capturée par la SS-OCTA était en moyenne 80% plus grande avec l’EFI que sans et qu’il n’y avait pas de différence significative entre les images obtenues par AF et par EFI SS-OCTA : ce dernier a démontré une spécificité de 100% et une sensibilité de 96% pour la détection des zones non ­irriguées ainsi qu’une spécificité de 96% et une sensibilité de 79% pour la détection de nouveaux vaisseaux sanguins. En ­revanche, la densité vasculaire était plus faible avec l’EFI SS-OCTA (31,6%) qu’avec la SS-OCTA seule (34,2%). « Puisque l’EFI ne fait qu’agrandir chaque pixel, de petits détails vasculaires peuvent potentiellement passer inaperçus dans les images obtenues par EFI SS-OCTA, note les auteurs de l’étude. C’est pour cette raison que l’utilisation de cette technique doit être étudiée pour chaque application clinique. Il existe par ailleurs une courbe d’apprentissage à suivre avant de pouvoir obtenir de façon fiable des images EFI SS-OCTA de bonne qualité. » Il a ainsi fallu environ un mois aux ­chercheurs pour acquérir la technique nécessaire à la production des images de cette étude et malgré cet entraînement, environ 30% des images obtenues ont tout de même dû être écartées de l’analyse en raison d’artefacts. Ce qui ­n’empêche qu’en ­attendant la mise au point de nouvelles technologies d’imagerie encore plus performantes, cette technique peut ­s’avérer utile pour le suivi de la RD, d’autant que, ne nécessitant pas d’injection de colorant, elle offre un meilleur confort aux ­patients que l’AF.

Hirano T, Kakihara S, Toriyama Y et al. Wide-field en face swept-source ­optical coherence tomography angiography using extended field imaging in ­diabetic retinopathy. Br J Ophthalmol. Published online first: 29 Nov. 2017

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