Le secret de l’horloge interne de la rétine mis en lumière

Notre horloge centrale interne, située dans le noyau suprachismatique, reçoit des signaux transmis par la rétine pour recaler notre rythme circadien sur la lumière solaire. Mais la rétine, comme la plupart des tissus de l’organisme, possède également sa propre horloge interne. Or pour la première fois, une équipe de l’Inserm a montré chez des modèles murins que l’horloge interne de la rétine et l’horloge centrale du noyau suprachismatique fonctionnent de manière indépendante… et différente.

En effet, seuls les bâtonnets sont indispensables au rephasage de l’horloge rétinienne et surtout, ils ne commencent à agir sur celle-ci qu’à partir de niveaux lumineux très élevés. Alors qu’ils réagissent à de faibles intensités pour recaler l’horloge centrale. « C’est la première fois que l’on montre le rôle exclusif des bâtonnets pour la rétine et la nécessité d’une telle intensité lumineuse. Pourquoi cette différence ? Nous pensons que la rétine, en permanence exposée à la lumière, doit en quelque sorte éliminer le bruit que représentent les faibles intensités », avance Ouria Dkhissi-Benyahya, chercheuse à l’Institut Cellule souche et cerveau de Bron, dans un communiqué. Son équipe envisage à présent d’examiner en détails la manière dont les bâtonnets traitent l’information lumineuse, en disséquant les différentes voies de transmission au sein même de la rétine. « Peut-être pourrons-nous trouver un moyen de rétablir le fonctionnement d’une horloge rétinienne perturbée, en jouant sur les photorécepteurs et les voies de transmission de l’information », imagine la chercheuse.

H Calligaro et coll. Rods contribute to the light-induced phase shift of the retinal clock in mammals, PLoS Biology, mars 2019

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