La Cour des comptes s’attaque à l'ophtalmologie

Dans ce même rapport annuel, la Cour des comptes recommande également une réorganisation de la prise en charge des soins visuels, en se basant notamment sur deux constats. D’un côté, les dépenses liées à l’ophtalmologie et à l’orthoptie ont augmenté de 22,2% en euros constants ­entre 2010 et 2016 pour atteindre 1,8 Md€ et cette croissance est soutenue tant par la part des dépenses laissées à la charge des assurés (dépassements d’honoraires et ticket modérateur) que par le volume des actes.

D’un autre côté, la répartition géographique inégale des ophtalmologistes et les délais d’attente qui en découlent dans les zones mal ­loties posent le problème de l’accès au soin. En conséquence, l’institution émet plusieurs propositions, dont : « élargir l’offre de premier recours aux soins visuels, en autorisant les orthoptistes à diagnostiquer et à traiter les troubles de la vision et les opticiens-lunetiers ceux de la ­réfraction, sous réserve d’un approfondissement du contenu de leur formation et d’un renvoi systématique à un ophtalmologue des situations pathologiques excédant leur champ de compétence ainsi étendu » et « conditionner les installations des ophtalmologues en exercice libéral, dans les zones caractérisées par des niveaux élevés de dépassement ­d’honoraire, à l’adhésion à l’option de pratique tarifaire ­maîtrisée de l’assurance maladie (Optam) ». Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) a immédiatement réagit et estime dans un communiqué que la Cour des comptes « rate sa cible ». Il déplore des mesures d’une part inadaptées à la complexité du diagnostic médical, qui ­risquent donc de conduire à des retards de diagnostic, et d’autre part « qui ne pourraient porter leurs fruits, dans le meilleur des cas, que dans 5 à 10 ans et qui dessineraient un parcours de soins illisible pour le patient avec 3 professions prescriptrices (ophtalmologistes, orthoptistes et ­opticiens-lunetiers à bac +5). » Le Snof précise que les ­protocoles organisationnels, le ­travail aidé, l’ouverture des stages en libéral et la réforme des études de médecine en général sont des solutions à ­l’œuvre et qui commencent déjà à porter leurs fruits. Le président du syndicat, le Dr Thierry Bour, souligne enfin que « contrairement à l’engagement pris par les rapporteurs de la Cour des comptes, nous n’avons pu répondre aux arguments de la Cour dans le rapport, comme ont pu le faire la Fédération française d’assurance (FFA) et la Fédération ­nationale de la mutualité française (FNMF). Nous sommes prêts à faire entendre nos arguments au service de la santé publique des Français ».

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