Chirurgie de la cataracte : céfuroxime ou corticostéroïdes plutôt que vancomycine

En 2007, une étude de l’Euro­pean society of cataract and refractive surgeons (ESCRS) a révélé qu’une injection de céfuroxime en chambre antérieure en fin d’intervention lors d’une chirurgie de la cataracte divise par 5 le risque d’endophtalmie postchirurgie. Ce qui explique qu’en Fran­ce, cet antibiotique soit le plus couramment utilisé dans la prophylaxie des endo­phtalmies après chirurgie de cataracte.

Mais aux États-Unis, aucune formulation commer­ciale n’étant approu­vée pour la céfuroxime dans cette application, les chirurgiens ont majoritairement recours à la vancomycine. Or au cours des quatre dernières années, plusieurs cas de complication, regroupés sous le terme de vascularite rétinienne occlusive hémorragique (hemorrhagic occlusive retinal vasculitis, HORV), et entraînant d’importantes pertes de vision ont été ­observés. La vancomycine étant suspectée d’en être à l’origine, un groupe de travail HORV s’est penché sur la question. Son étude de cas rétrospective (36 yeux chez 23 patients) démontre que les injections ­intracamérulai­re ou intravitréenne de vancomycine réalisées pendant ou peu après une chirurgie de la cataracte sont associées à l’HORV. En conséquence, dans 61% des cas, l’acuité visuelle était égale ou inférieure à 20/200. Parmi ceux-ci, 8 yeux (22%) ont perdu toute perception lumineuse, suite, dans la ma­jorité des cas (5 yeux), à un diagnostic d’endophtalmie traitée par une injection intra­vitréenne supplémentaire de vancomycine. En revan­che, sur les 3 yeux traités avec une injection intravitréen­ne de corticostéroï­des, 2 disposaient d’une acuité visuelle de 20/40 et 20/70. Bien que l’échantillon de patients soit restreint, le groupe de travail conclut que les corticostéroïdes semblent plus appropriés car l’HORV serait déclenchée à retardement par une hypersensibilité à la vancomycine.

Witkin AJ et al. Vancomycin-­associated hemorrhagic occlusive retinal vasculitis: clinical charac­te­ris­tics of 36 Eyes. Oph­thal­mology. 2017 mai;124(5):583-95.

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