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Introduction

jeudi, 18 janvier 2018 17:07
L’orthokératologie prend doucement ses marques en France et ce dossier vise justement à répondre à l’intérêt croissant des ophtalmologistes contactologues. Comment ? En y concentrant toutes les dernières informations sur le sujet, de la physiologie de la cornée à la multifocalité, en passant par la freination de la myopie et ­l’adaptation, y compris chez les enfants.

Matthieu Leconte commencera par souligner qu’il existe encore des inconnues concernant les modifications sous-jacentes de la cornée liées à l’aplatissement cornéen ­central. Il dressera la liste de celles qui ont déjà été étudiées (au niveau de l’apex, la ­périphérie et la face postérieure de la cornée), ainsi que les effets de l’orthokératologie sur la ­sécrétion lacrymale. Il insistera sur la variabilité de la réversibilité de ces différents ­effets et sur la prudence qui doit nécessairement l’accompagner avant toute opération chez des patients ayant été adaptés en lentilles d’orthokératologie.

Jean-Philippe Colliot détaillera ensuite les sept étapes nécessaires à la réussite de ­l’adaptation, dont le but est d’optimiser le résultat réfractif. Il conseillera notamment de débuter sur un patient bien connu et de progresser pas à pas avec l’assistance du laboratoire fabricant. Mais également de s’organiser pour déléguer par exemple certaines prises de mesures ou l’apprentissage de la manipulation et de l’entretien afin d’utiliser au mieux le temps médical.

Hélène Bertrand-Cuingnet s’intéressera quant à elle spécifiquement à l’adaptation des enfants en orthokératologie. Si le protocole d’adaptation ne diffère pas de celui des adultes, elle rappellera que celle-ci comporte ses spécificités, notamment concernant le sommeil, qui peut être agité, la nécessaire adhésion des deux parents et la compliance de l’enfant. Elle insistera ainsi sur l’importance du rôle de l’ophtalmologiste quant à la communication et l’information auprès de l’enfant et de ses parents et donnera des conseils pratiques pour limiter le stress du jeune patient et assurer un bon entretien des lentilles.

L’orthokératologie chez les jeunes patients est en effet un enjeu important puisque dans les études publiées depuis une dizaine d’années, cette pratique a montré une réelle efficacité dans la freination de la myopie chez l’enfant. Ce sont d’ailleurs sur ces bénéfices que reviendra Adrien Sarfati, notamment par rapport au port de lunettes, tout en ­révélant qu’il reste du chemin à parcourir pour comprendre le mode d’action de l’orthokératologie.

Enfin Richard Luscan exposera, via un rappel théorique et à travers une série de cas ­cliniques pratiques, les effets physiologiques de l’orthokératologie chez des patients hyper­métropes, myopes et astigmates. Il révèlera ainsi que l’orthokératologie restaure une ­vision naturelle œil nu à toutes distances, qui semble possible jusqu’à un âge très avancé en l’absence de cataracte, dans un environnement lumineux suffisant, adapté pour un bon éclairement rétinien.

Ces articles, concrets et complets, ont ainsi tous le même objectif : que l’orthokératologie continue à se frayer un chemin dans la pratique en France, tout en assurant la ­sécurité des patients, quel que soit leur âge.

Contrôle de la myopie

mardi, 11 avril 2017 11:32
Le contrôle de la myopie est devenu un enjeu de santé public mondial. La myopie est désormais considérée comme un des cinq états oculaires identifiés en priorité par la World Health Organization pour éviter la cécité [1]. En effet, la prévalence de la myopie a considérablement augmenté dans le monde si bien que le terme employé est « épidémie » et pas seulement en Asie. On considère que la prévalence a doublé entre 1990 et 2010 dans les pays d’Europe, en Asie et aux états-Unis. En plus de l’impact optique de la myopie sur la vision et le coût des différentes corrections optiques, s’ajoutent des pathologies dont la myopie est un facteur de risque, comme le glaucome, la cataracte, le décollement de rétine et de néovascularisation choroïdienne [1]. Quelques méta-analyses se sont intéressées à analyser les différentes études traitant des moyens de contrôle de la myopie, dont l’orthokératologie qui présente un intérêt croissant ces dernières années.
Publié dans Cahier Contactologie
Dans une famille, les parents, myopes de longue date et porteurs de lentilles, ont demandé une adaptation en lentilles de leurs trois filles, sportives, myopes elles aussi. L'adaptation réussie en orthokératologie de l'une d'elles convainc ses sœurs d'essayer cette méthode, puis le père et enfin des cousins ! Mais tous n'y sont pas éligibles.
Publié dans Cahier Contactologie
Le nombre d'adaptations en lentilles multifocales ne fait que croître et les statistiques montrent une très grande disproportion entre lentilles rigides et lentilles souples. Cet article passe en revue les principaux avantages ou inconvénients des lentilles multifocales qu'elles soient rigides ou souples et précise les facteurs à prendre en compte pour le choix de la première lentille.
Publié dans Cahier Contactologie
La lentille d'orthokératologie crée une modulation topographique et pachymétrique épithéliale cornéenne induite et réinduite nuit après nuit par le massage palpébral. Suivant la position de son réservoir de larmes périphérique ou central, le résultat réfractif stabilisé sera respectivement correctif pour une myopie ou une hypermétropie. Celui- ci présente souvent un caractère multifocal susceptible d'être exploité sous certaines conditions pour une correction presbyte efficace, comme le présente cet article.

Hypermétropie et remodelage cornéen

jeudi, 15 octobre 2015 12:04
À la croisée des chemins entre réfractive et contactologie, l'orthokératologie a longtemps été réservée aux myopes. Le développement de nouveaux profils a permis récemment d'équiper également (entre autres) les hypermétropes, parfois presbytes.
Utilisée en France depuis 2012, l'orthokératologie connaît un essor relativement important depuis trois ans. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que l'orthokératologie pouvait avoir un effet freinateur sur l'évolution de la myopie chez les enfants. Les lentilles d'orthokératologie se portent la nuit et s'enlèvent le matin ; elles remodèlent la cornée pendant le sommeil, ce qui permet une bonne vision stable pendant la journée, sans recours au port de lunettes ou de lentilles de contact, libérant ainsi les patients des problèmes liés au port diurne (sécheresse, poussière, interdiction des sports aquatiques, risques de perte). Ceci est particulièrement intéressant chez les enfants qui ne portent les lentilles qu'à la maison et sous contrôle parental, limitant ainsi les problèmes à l'école.
Rejetée voilà encore peu soit par crainte d'effets indésirables non fondée ou pour son caractère prétendument chronophage par rapport à la chirurgie, l'orthokératologie permet de proposer une solution alternative à un patient déçu par une contre-indication chirurgicale, d'autant plus que cette technique est efficace, durable et réversible, qu'elle est bien accueillie par nos patients et qu'elle véhicule une image très positivement avant-gardiste pour le praticien.
Le tableau ci-dessous récapitule les lentilles disponibles à l'automne 2015 sur le marché français. De très nombreuses autres géométries existent de par le monde essentiellement aux États-Unis. L'expansion très rapide du nombre de laboratoires s'intéressant à l'orthokératologie démontre à l'évidence l'avenir de cette technique de correction de la réfraction pour les adultes mais aussi pour les enfants dans le cadre en particulier de la freination de la myopie.

Editorial : dossier Orthokératologie

jeudi, 15 octobre 2015 11:51
L'orthokératologie est une technique qui n'est pas si nouvelle mais qui, jusqu'à ces dix dernières années, était pratiquée exclusivement par des optométristes anglo-saxons, néerlandais et asiatiques. Les matériaux peu performants rendaient ce port nocturne dangereux et les complications relativement fréquentes et parfois sévères.

Avec l'arrivée des nouveaux matériaux, très perméables à l'oxygène et les nouvelles géométries entièrement customisées, ce choix thérapeutique est en passe de devenir une vraie alternative à la chirurgie réfractive de surface.

Les statistiques mondiales, publiées par Morgan et al. pour l'année 2014 montrent une réelle augmentation des prescriptions, même si le pourcentage des nouvelles adaptations reste encore modeste. Sur les 32 pays qui ont répondu à cette étude, 14 seulement pratiquent l'orthokératologie et cette technique représente en moyenne 2 % de leur activité contactologique.

La France se situe dans cette moyenne à 2 %. Elle est légèrement dépassée par l'Espagne (3 %), Taiwan (3 %) et largement par la Hollande (10 %). Ces statistiques ne représentent que la situation à un instant t, et il est sûr que d'autres pays comme les États-Unis par exemple pratiquent cette technique.

Comme nous allons le voir au travers de ce dossier, cette technique attire les fabricants et nombreuses sont les lentilles actuellement disponibles sur les marchés européen et français, comme nous le montre le rappel des len- tilles d'orthokératologie disponibles en 2015 en France réalisé par Xavier Subirana.

L'article de Phat Lim, nous montre qu'il est impossible pour un chirurgien de chirurgie réfractive de ne pas s'y intéresser puisque c'est la seule vraie alternative à une chirurgie déconseillée.

Cependant, Adrien Sarfati développe pour nous une indication majeure de cette technique : la freination de la myopie, et les différentes études en cours montrent une réelle efficacité. Cela concerne, bien entendu, de jeunes enfants et il insiste sur un contrôle très strict.
L'astigmatisme, lorsqu'il est associé à un certain degré de myopie ou d'hypermétropie, est désormais accessible à ce mode de correction.

Enfin, la presbytie est le dernier challenge à relever comme nous l'expliquent Jean-Philippe Colliot et Richard Luscan. Les résultats à ce jour sont encore modestes mais prometteurs. C'est une excellente indication car bon nombre de presbytes rencontrent en fin de journée des problèmes de sécheresse oculaire, des difficultés de tolérance et des troubles visuels avec leurs lentilles.

Après de nombreuses années d'hostilité à cette technique, de plus en plus d'ophtalmologistes contactologues s'y intéressent, se forment et se lancent.

Ce sujet sera prochainement traité en détail à travers le prochain rapport de la Sfoalc et suscitera, sans aucun doute, de nouvelles vocations.

Catherine Peyre Paris
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