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Le crosslinking du collagène cornéen (CXL) est-il efficace et sûr dans le traitement du kératocône progressif ? Voilà la question à laquelle un essai clinique américain multicentrique randomisé vient de répondre. 205 patients atteints de cette pathologie ont été séparés en deux groupes : le premier a reçu un traitement au CXL et le second de la riboflavine sans ablation de l’épithélium. Un an plus tard, les chercheurs ont observé que la valeur de kératométrie maximale avait baissé en moyenne de -1,6 dioptrie dans le groupe CXL alors que le kératocône avait continué à ­progresser dans le groupe témoin. La diminution de cette valeur était même de 2 dioptries ou plus chez 31,4% des ­patients du groupe traité par CXL (mais elle avait augmenté de 2 dioptries ou plus chez 5,6% des patients de ce même groupe). Leur acuité visuelle de loin corrigée a quant à elle augmenté d’en moyenne +5,7 logMar et leur acuité visuelle de loin sans correction a progressé de +4,4 logMAR en moyenne. Par ailleurs, l’effet secondaire le plus souvent rapporté a été l’apparition d’un « haze » ­cornéen. En conclusion, les auteurs de l’étude indiquent donc que le profil de sécurité du CXL est excellent et qu’il permet de réelles améliorations. Ce qui en fait une option pertinente pour les patients atteints de kératocône.

Légende : Graphiques représentant le taux moyen des paramètres visuels subjectifs avant et 12 mois après cross-linking sur une échelle de 1 à 5. *p < 0,05

Hersh PS et al.; United States Crosslinking Study Group. United States multicenter clinical trial of corneal collagen crosslinking for keratoconus treatment. Ophthalmology. 2017;124(9):1259-70.
Publié dans Actualités
Les indications de greffe de cornée ont été présentées dans le numéro précédent des Cahiers d'Ophtalmologie (n°197, février 2016) ainsi que les adaptations dans les différents types de lentilles possibles : LRPG, piggy-back, lentilles hybrides, sclérales ou cornéo-sclérales, ou souples de forte épaisseur.
Trois cas cliniques viennent en donner une illustration concrète.
Publié dans Cahier Contactologie
Le kératocône est une dégénérescence non inflammatoire de la cornée entraînant sur le plan géométrique un bombement asymétrique avec amincissement progressif de la cornée. Sur le plan visuel, le kératocône est responsable d'une myopisation progressive avec apparition d'un astigmatisme irrégulier parfois très important et détérioration de la meilleure acuité visuelle corrigée ainsi que de l'acuité sans correction en raison des nombreuses aberrations d'ordre supérieur induites par la déformation de la cornée.

La prise en charge du kératocône a un double objectif :

1. stabiliser l'évolution de la maladie, surtout chez les patients évolutifs, en particulier les patients très jeunes, grâce au cross-linking ;
2. améliorer la fonction visuelle, le plus souvent grâce au port de lentilles rigides. En cas d'intolérance aux lentilles rigides, ce qui peut être fréquemment le cas surtout pour les kératocônes très avancés, plusieurs options chirurgicales permettent d'améliorer la fonction visuelle en évitant une greffe de cornée :
- anneaux intracornéens permettant un remodelage très important de la cornée, en particulier une réduction de la kératométrie, de l'astigmatisme et un recentrement du cône,
- photoablation couplée à la topographie cornéenne (laser topolink). Elle doit être systématique- ment associée à un cross-linking, même si le kératocône n'est pas évolutif. Elle permet de régulariser (dans une moindre mesure que les anneaux intracornéens) la géométrie cornéenne,
- implants phakes de type ICL, indiqués surtout chez les kératocônes non évolutifs forts amétropes et ne supportant pas leurs lentilles de contact.

Enfin, lorsque le kératocône est trop avancé, en particulier lorsque la kératométrie est supérieure à 65 D, associée à une baisse très importante de la fonction visuelle, seule une greffe de cor- née permettra d'une manière raisonnable d'améliorer la fonction visuelle d'une manière satisfaisante. Le standard pour le kératocône est actuellement la DALK ou KLAP en français (kératoplastie lamellaire antérieure profonde). La kératoplastie transfixiante (KT) est de moins en moins réalisée en raison des avantages de la KLAP.

Toutes ces options thérapeutiques seront illustrées à l'aide de cas cliniques et de vidéos didactiques.
La lentille cornéenne, lorsque les verres correcteurs ne suffisent plus à réhabiliter l'acuité visuelle, est le traitement optique de première intention pour cette pathologie qui peut être invalidante. La topographie cornéenne, même si elle n'est pas indispensable, est une aide précieuse dans le choix de la lentille. Celui-ci se fait en fonction de la puissance, la localisation, la taille de l'apex et de la base et des pentes du cône.

La lentille de choix reste la lentille rigide de diamètre inférieur à 12 mm standard ou spéciale kératocône en fonction du stade. Aujourd'hui, des lentilles rigides de grand diamètre scléro-cornéennes et sclérales permettent d'équiper des cônes de localisation inférieure, des dégénérescences marginales pellucides et des asymétries cornéennes très importantes sur lesquelles les lentilles cornéennes seraient instables et inconfortables.

Pour améliorer le confort, nous avons à notre disposition des lentilles hybrides (un centre rigi- de entouré d'une jupe souple en silicone-hydrogel) et des lentilles souples spéciales pour les astigmatismes irréguliers, elles aussi en silicone-hydrogel aujourd'hui.

L'atelier abordera ces nouvelles lentilles et comment faire le choix en fonction du porteur et du stade de son kératocône.

Nouvelles lentilles et kératocônes

jeudi, 21 janvier 2016 10:28
Ces lentilles que l'on dit nouvelles pour corriger le kératocône ne le sont pas tant que ça. Comme le montre cet article, c'est grâce aux nouveaux matériaux et pour amé liorer la tolérance de certains porteurs qu'elles sont de nouveau d'actualité pour la correction de cette pathologie.

Echos en Contactologie

vendredi, 10 juillet 2015 15:56
Au cours de la SFO, ont été proposés plusieurs symposiums de contactologie destinés à lancer de nouveaux produits sur le marché. Il a donc été question d'ortho-kératologie dans la pratique courante (Menicon, Ophtalmic) ou de presbytie avec une nouvelle approche de l'équipement des presbytes en lentilles de contact (Johnson & Johnson Vision Care).L'orthokératologie, tout le monde en parle y compris dans les médias, et de plus en plus d'ophtalmologistes contactologues s'y mettent. La myopie est sans doute la plus souvent corrigée, d'autant que de nombreuses études montrent l'efficacité de cette technique sur la freination de la myopie. Mais elle permet également de corriger l'astigmatisme, l'hyper-métropie et c'est même le début de la correction de la presbytie.
Publié dans Echos de la SFO 2015
Chirurgie réfractive et cataracte : échos de la SAFIR 2015

Kevin Pierné
Service d'ophtalmologie, CHU Toulouse
Publié dans Echos de la SFO 2015
La réhabilitation visuelle du kératocône repose en première intention sur la correction en lunettes ou, si celle-ci est insuffisante ou mal tolérée, en lentilles de contact. En cas d'évolution péjorative de la déformation cornéenne, un cross linking du collagène cornéen est proposé.Nous présentons ici les différentes techniques chirurgicales de réhabilitation visuelle lorsque les lentilles sont insuffisantes, inadaptées ou non tolérées, ainsi que les différentes techniques de cross linking.
Publié dans Cahier Chirurgie
Le cross-linking a permis de réduire considérablement les listes des patients en attente de greffe de cornée. De plus, les pathologies ectasiques de la cornée, le kératocône en tête, ont vu leur pronostic visuel largement amélioré grâce à la combinaison du cross-linking aux autres moyens thérapeutiques, en particulier les anneaux intracornéens et les lentilles de contact. Cet article fait le point sur les différents protocoles du cross-linking et de ses indications, notamment celles en cours d'étude comme le PACK-CXL (PhotoActivated Chromophore for Keratitis) qui démontre un bénéfice certain dans les kératites infectieuses.
Publié dans Cahier Chirurgie
Nous sommes à une époque où, pour le commun des mortels, tout se règle avec le bistouri ou le laser. Malheureusement, la situation est parfois inverse. C'est parfois après la chirurgie que la contactologie intervient avec des succès que certains nous envient. Cependant, ce n'est pas seulement dans ces cas un peu « épineux » que les lentilles peuvent trans- former la vie des gens. Il existe des situations où la chirurgie ne peut rien. Ce sont les déformations cornéennes intenses, les cornées très mutilées, totalement asymétriques, certains kératocônes. Les syndromes secs très invalidants, incontrôlés par les traitements classiques, peuvent y trouver une solution.
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