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Au 121e congrès annuel de l’Académie américaine d’ophtalmologie, en novembre, deux études ont présenté des résultats encourageant pour l’utilisation de cellules souches ­humaines embryonnaires dans le traitement de la forme sèche de la DMLA. Ces cellules ont été différenciées en cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien (RPE) et ont été injectées dans les yeux de patients atteints de DMLA. Dans la première étude, menée à l’université Hadassah-Hebrew, à Jérusalem, 50 000 ou 200 000 cellules ont été transplantées, la procédure chirurgicale a été bien tolérée et quelques semaines plus tard, les chercheurs ont pu observer la cicatrisation au point d’injection tandis que le fond d’œil réalisé laisse penser que les cellules transplantées ont pu survivre. La vue des patients est quant à elle restée stable. Dans la deuxième étude, menée à l’Institut de la vision de Miami, les cellules du RPE ont été utilisées pour traiter des patients ­atteints de la forme sèche de la DMLA mais également de la maladie de Stargardt. Les cellules ont survécu dans les yeux des patients sans effets secondaires et chez certains d’entre eux une amélioration de la vision a même été ­observée. Ces premières étapes, qui visaient à vérifier la ­sécurité de la procédure chez l’humain, ouvrent la porte à de nouveaux essais cliniques et entretiennent l’espoir d’un traitement pour ces maladies. La thérapie par cellules souches faisant appel à des cellules du RPE présente en ­effet plusieurs avantages : ces cellules sont relativement ­faciles à cultiver en grand nombre en laboratoire, elles ne nécessitent pas la formation de connections neuronales une fois injectées dans l’œil pour remplir leur fonction et le traitement peut être réalisé avec l’injection d’un faible nombre de cellules dans une zone très restreinte de l’œil, limitant les risques liés à la procédure.
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Les conférences Euretina et AAO

mercredi, 25 janvier 2017 10:09
 Le 16e congrès EURETINA (Société Européenne de Retina, Macula et Vitré) s’est tenu au Bella Center de Copenhague (Danemark) du 8 au 11 septembre dernier. Du 15 au 18 octobre, s’est déroulé à Chicago le congrès de l’AAO (Association américaine d’ophtalmologie). Plusieurs sessions notamment sur la DMLA néovasculaire, la DMLA atrophique et la rétinopathie diabétique, ont rapportées les principales avancées en termes de traitements, de protocoles de suivi ou encore de résultats d’études.
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AAO: quoi de neuf sur la rétine

jeudi, 21 janvier 2016 10:19
AAO : quoi de neuf sur la rétine

Le congrès 2015 de l'American Academy of Ophthalmology s'est déroulé à Las Vegas du 14 au 17 novembre. Comme chaque année, cette manifestation n'a pas été avare en nouveautés et recommandations en pathologies vitréo-rétiniennes. Voici les points clefs que nous avons retenus qui ne manqueront certainement pas d'apporter des ajustements dans notre pratique quotidienne.

• En chirurgie, la place de la vitrectomie 27G a été largement débattue. Si cette technique nous offre aujourd'hui des opportunités dans des pathologies complexes, elle ne peut encore être considérée comme un standard.Une autre question, relative cette fois au positionnement des patients en postopératoire, de trou maculaire a été tranchée en relativisant l'intérêt d'un positionnement prolongé si les tractions tangentielles et antéro-postérieures étaient levées et que la bulle de gaz remplissait correctement la cavité.

• En rétine médicale, la DMLA a été largement abordée. L'étude AUROLA, prospective et multicentrique, a montré l'efficacité d'un nouveau anti-VEGF, le combercept, dans le traitement de la vasculopathie choroïdienne polypoïdale (VCP). D'autre part, l'étude LAPTOP a révélé que le gain visuel était plus important dans cette pa thologie chez les patients traités par ranibizumab versus la photothérapie dynamique (PDT), tandis que l'étude EVERST a retrouvé un taux d'occlusion capillaire meilleur dans le groupe PDT.

La squalamine a déçu en ne démontrant pas son efficacité à espacer les injections lors- qu'elle était associée au rani- bizumab. Cette association semble néanmoins améliorer le gain d'acuité visuelle en particulier en cas de néovaisseaux de type 2.

Dans la DMLA exsudative, de nouvelles voies d'administration sont en cours d'élaboration : des implants biodégradables ou fixés chirurgicalement et « rechargeables », ou encore des thérapies géniques véhi- culées par des vecteurs viraux. Des molécules anti-VEGF à hautes affinités sont égale- ment attendues comme le combercept.

• La DMLA atrophique demeure le parent pauvre en matière de traitement, même si une étude prometteuse sur l'effica- cité des anticorps antibêtaamyloïde doit prendre fin en 2016. En matière d'exploration, l'accent a était mis sur l'autofluorescence qui reste l'examen de choix pour délimiter les terri- toires d'atrophie géographique. L'OCT semble également représenter un outil prédictif d'une évolution vers l'atrophie à travers une association de signes.

• Dans l'occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR), une étude prospective a montré qu'un switch vers l'aflibercept en cas d'échec d'un autre traitement anti-VEGF peut avoir un intérêt dans l'espacement des injections et l'amélioration du gain visuel.

• Dans la choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC), deux posters ont suggéré l'efficacité des traitements anti-aldos-térone (spironolactone ou éplé- nérone) dans la réduction du décollement séreux rétinien en insistant sur l'intérêt d'une instauration précoce de ces traitements. D'autre part, la pachychoroïde est de plus en plus évoquée pour définir un nouveau cadre nosologique où la CRSC et ses complications trouveraient leur place.

• Pour les pathologies inflammatoires, l'imagerie par auto- fluorescence semble pouvoir se substituer à l'angiographie dans les taches blanches. L'OCT-EDI montre de son côté un épaississement de la cho- roïde dans la sarcoïdose, l'épithéliopathie en plaque, la cho- roïdite serpigineuse ou de type birdshot. Cet examen permet également un suivi évolutif de cet épaississement sous traitement.

• Dans la rétinochoroïdite toxo-plasmique, le traitement classique par pyriméthamine sulfa- diazine potentiellement asso- ciés à des corticoïdes peut laisser place à d'autres thérapeutiques : ainsi la clindamycine en injections intravitréennes (IVT), l'azythromycine en association ou l'atovaquone pourraient être utilisés en curatifs, tandis que l'association triméthoprime- sulfaméthoxazole « Forte » tous les trois jours réduirait, en préventif, les risques de récurrences.

• Dans le diabète, la notion de « mémoire glycémique » a été remise au goût du jour. Le protocole S du DRCRnet a comparé les IVT de ranibizumab en PRN à la photocoagulation panrétinienne (PPR) dans la rétinopathie diabétique proli- férante en montrant une supériorité des IVT sur l'évolution du champ visuel, la réduction des indications de vitrectomie et la régression de l'œdème maculaire diabétique.

Le protocole I a de son côté montré que le gain visuel à trois mois était prédictif du pro- nostic à long terme au point de nous inciter à considérer d'autres alternatives théra- peutiques en cas de résultats insuffisants à trois mois.
Le 10 novembre dernier s'est tenue la journée dédiée au glaucome, au sein du congrès annuel de l'American Academy of Ophthalmology, journée ambitieuse traitant des difficultés de prise en charge des patients glaucomateux...Son intitulé pourrait être traduit par "Gérer les glaucomes difficiles, ou comment faire coïncider expérience et savoir scientifique". Ce résumé se propose de faire le point sur les communications qui ont retenu mon intérêt. J'espère qu'il vous apportera la substantifique moelle de cette journée riche et dense en informations.
Coups de projecteur sur la rétine :
A chicago s'est déroulé du 09 au 13 novembre l'American Academy of ophthalmology (AAO). Durant les subspecialty days et les communications de l'AAO, de nouvelles voies diagnostiques et thérapeutiques ont été présentées.

La maculopathie diabétique regroupe deux entités distinctes : l’oedème maculaire
diabétique (OMD) (associé ou non à une anomalie de l’interface vitréo-maculaire) et
l’ischémie maculaire. L’OMD constitue la première cause de malvoyance chez les patients
diabétiques et sa prévalence avoisine les 10 %. Longtemps, la photocoagulation laser a
constitué son unique traitement [1], mais depuis quelques années, l’émergence de nouvelles
thérapeutiques en injections intravitréennes tend à modifier les schémas thérapeutiques
de référence. L’ischémie maculaire est quant à elle beaucoup plus rare, non
curable, et associée à un pronostic visuel sombre.
Les classifications de la rétinopathie diabétique sont basées d’une part sur la sévérité
de l’ischémie rétinienne, d’autre part sur la maculopathie. Les classifications simplifiées
de l’Alfediam (Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies
métaboliques) et de la Société américaine d’ophtalmologie (AAO) sont les deux classifications
utilisées en pratique clinique. Ces classifications différent principalement en
ce qui concerne la maculopathie, sujet actuellement controversé et en évolution.
Le dépistage de la rétinopathie diabétique, annuel, comprend un interrogatoire associé à
l’examen du fond d’oeil par deux ou trois photographies du fond d’oeil (méthode de référence)
ou classiquement par ophtalmoscopie indirecte à la lampe à fente après dilatation
pupillaire.
Le rythme et les modalités de surveillance ophtalmologique des patients diabétiques
tiennent compte de la sévérité de la rétinopathie diabétique et de la présence de facteurs
de risque d’évolution rapide de cette rétinopathie.
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