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27/04/2018

Recertification : une réunion, un rapport… et des mécontents

« Afin de favoriser l’actualisation régulière des compétences des médecins et de garantir aux patients une même qualité de prise en charge, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal ont réuni aujourd’hui les membres de la mission Recertification », annonce le communiqué de presse du ministère de la Santé le 22 février. Au programme de cette réunion : les professionnels et spécialités concernés par la recertification, ainsi que le calendrier de travail, de concertation et de mise en œuvre de la réforme. Concernant le premier point, le ministère précise que « la recertification des compétences concernera à terme l’ensemble des médecins ­exerçant en France. Afin de tenir compte des différents modes d’exercice et des spécialités, le comité de pilotage identifiera les spécificités des publics concernés. Il devra aussi dessiner les contours des dispositions légales néces­saires à la mise en œuvre et au contrôle de la recertification. Les propositions formulées pour les médecins serviront de base à une extension du dispositif aux autres professions de santé. » Du côté du calendrier, un rapport est attendu en septembre 2018 pour préciser l’articulation de la recertification avec le troisième cycle de médecine, le suivi de l’obligation et ses potentielles incidences financières.

… et des mécontents
La mise en place de la recertification s’annonce délicate car la composition du comité de pilotage chargé de mener le projet a fait plusieurs mécontents. En effet, celui-ci intègre les syndicats de jeunes médecins, les universitaires, la Haute autorité de santé (HAS), l’Ordre des médecins (CNOM), les usagers du Lien et le haut conseil du DPC… mais n’est ouvert ni aux représentants de médecins libéraux ni aux hospitaliers. Conséquence : le Syndicat des médecins libéraux (SML) s’inquiète. « Le SML, qui avait exprimé la crainte des médecins libéraux de voir la recertification ­donner lieu à de nouvelles contraintes et qui s’inquiétait du risque de prise de contrôle des hospitalo-universitaires sur la formation continue des médecins libéraux, est aujourd’hui très inquiet… et il y a fort à parier que ce qu’il redoute se ­vérifie dans les prochains mois », explique le syndicat dans un communiqué. De son côté, la confédération des syndicats médicaux s’indigne : « Comment imaginer susciter l’adhésion des médecins installés dans un processus d’actualisation régulière de leurs compétences s’il n’est pas construit par et avec eux ? » Enfin, le syndicat Action Praticiens ­Hôpital s’étonne de son exclusion et juge les motifs avancés inacceptables : « On nous explique que cette recertification concerne en premier lieu les professionnels qui débuteront leur carrière, mais en même temps, que ce processus « concernera à terme l’ensemble des médecins exerçant en France » et même que les professionnels en exercice pourront y adhérer individuellement. Pourquoi alors exclure les syndicats de médecins seniors, libéraux et hospitaliers ? » Le comité de pilotage a de son côté annoncé vouloir « échanger dès la mi-mars avec toutes les institutions représentatives, au premier rang desquelles figurent les organismes professionnels ; il renouvellera ces rencontres autant que de nécessaire pour disposer au quatrième trimestre 2018 de propositions partagées par tous et ouvrant des voies multiples pour que chacun puisse « construire » sa recertification. » Cela suffira-t-il à apaiser les tensions ?
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