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17/11/2017

La CNCDH s’inquiète de l’accès aux soins dans les Outre-mer

« Alertée par de nombreuses recommandations ­préoccupan­tes adressées à la France par plusieurs comités des Nations unies », la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) s’est penchée sur la question de l’accès à la santé dans les territoires ultra-marins et vient de publier un avis qui révèle de « graves inégalités sociales et territoriales ». Par exemple, l’espérance de vie en Guyane est ­infé­rieure de deux ans à celle de la métropole et elle est même diminuée de plus de 4 ans à Mayotte ! L’étude souligne également les barrières géographiques, financières ou administratives à l’accès aux soins, auxquelles s’ajoute le manque de médecins. Selon les chiffres de la Cour des comptes en 2012, la Guyane comptait ainsi 71 praticiens, dont à peu près la moitié de spécialistes, en exercice pour 100 000 habitants. Une densité deux fois moins élevée qu’à la Réunion (180), seul territoire à approcher la moyenne nationale (201), et pourtant encore très largement supérieure aux 18 médecins pour 100 000 habitants présents à Mayotte. À l’issue de ce rapport, la CNCDH propose 13 recommandations, et en premier lieu de renforcer les outils permettant une ­collecte fiable des données relatives à la santé (celles-ci étant aujourd’hui largement insuffisantes pour mettre en œuvre l’ensemble des politiques publiques en matière de santé), mais également de mettre l’accent sur la prévention, la lutte contre la mortalité infantile et maternelle ainsi que contre l’obésité et le diabète. Concernant la pénurie de médecins, la CNCDH recommande le développement de la ­télémédecine et l’expansion de l’offre de soin de premier ­recours autour des centres hospitaliers, tout en encourageant les autorités sanitaires à trouver des solutions innovantes pour attirer plus de médecins dans les territoires ­ultra-marins.
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