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Editorial : Pathologies rétiniennes chroniques : que faire après la deuxième année de traitement ?

Aude Couturier
Numéro 213 - Octobre 2017
Ces dix dernières années, nos pratiques ont été bousculées par l’arrivée de nouvelles molécules, de nouvelles indications mais également de nouvelles techniques ­d’imagerie. Si l’initiation et les schémas de traitements sont aujourd’hui bien connus et mieux respectés, nous gardons en tête que 10 années à peine restent une période bien courte à l’échelle d’une vie… Alors qu’en est–il des résultats à long terme de nos traitements d’aujourd’hui et comment adapter nos pratiques à une prise en charge au long cours ? Le traitement de la DMLA néovasculaire est certainement une des avancées ­thérapeutiques les plus marquantes de notre spécialité mais la question du pronostic à long terme se pose aujourd’hui. Espoirs déçus ? Benjamin Wolff et Martine Mauget-Faÿsse font le point sur les bénéfices à attendre au-delà de 5 ans et les ­facteurs prédictifs à considérer dans le suivi de nos patients. De la même façon, nul n’ignore que le pronostic fonctionnel à court et moyen terme des œdèmes maculaires a été considérablement amélioré par les injections intravitréennes et ce d’autant plus que le traitement est débuté précocement. ­Cependant, l’évolution au-delà des 5 ans de traitement reste là encore largement méconnue. Dans l’œdème maculaire diabétique, Bénédicte Dupas nous rappelle que les meilleurs résultats fonctionnels restent conditionnés par un nombre élevé d’injections la première année. La persévérance semble porter ses fruits chez la majorité de nos patients qui verrons diminuer le besoin en injections les années suivantes laissant entrevoir une possible rémission de l’œdème après 3 à 5 ans de traitement. De même dans les occlusions veineuses rétiniennes, la résolution de l’œdème semble possible chez près de la moitié des patients après 2 ans… ceci ­impliquant donc que l’autre moitié nécessitera une prise en charge au long cours. Quel schéma d’injections, quelle place pour le laser et quels résultats pour ces œdèmes chroniques ? Agnès Glacet-Bernard nous éclaire. Les formes chroniques de CRSC représentent parfois un piège diagnostique et posent souvent de réelles difficultés de prise en charge. En l’absence d’étude randomisée et de schéma thérapeutique validé, comment choisir entre les différentes options de traitement ? Rappelant les molécules disponibles et proposant un arbre décisionnel, Élodie Bousquet éclaircit pour nous cette délicate question. Enfin, les espoirs thérapeutiques sont toujours d’actualité dans les rétinopathies pigmentaires. Cyril Dutheil et Marie-Noëlle Delyfer font le point sur la prise en charge globale de ces patients et sur les bénéfices des prothèses rétiniennes. Synthèse des éléments pronostiques et thérapeutiques qui posent questions aux praticiens et aux patients atteints de pathologies rétiniennes, ce dossier souligne que celles-ci restent aujourd’hui des maladies chroniques malgré les nettes ­avancées thérapeutiques. Bonne lecture à tous et rendez-vous l’année prochaine pour voir où nous en ­sommes…

Aude Couturier, AP-HP Lariboisière, Paris

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