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Editorial : Pathologies de la cornée et de la surface oculaire liées à l’âge : tous concernés !

Vincent Borderie
Numéro 218 - Avril 2018
Les pathologies oculaires liées au vieillissement deviennent la première cause de consultation et d’intervention en ophtalmologie dans les pays occidentaux. La dégénérescence maculaire liée à l’âge, le glaucome et la cataracte sont les trois pathologies phares bien connues du grand public. Les pathologies cornéennes liées au vieillissement le sont, elles, moins, mais elles sont tout aussi fréquentes.

Les modifications de la surface oculaire et la diminution de l’innervation cornéenne sont source d’inconfort, de plaintes fonctionnelles et de baisse de la qualité de la ­vision par le biais notamment de la sécheresse oculaire. L’augmentation, avec l’âge, de la fréquence des infections de la cornée et de la conjonctive peut avoir des conséquences ­visuelles parfois lourdes. La perte de la fonction des cellules endothéliales cornéennes entraîne une altération de la qualité de la vision (baisse de la sensibilité aux contrastes, photophobie), puis une baisse de vision profonde par le biais de ­l’œdème cornéen.

On pourrait penser que ces pathologies n’intéressent qu’une partie de la population des plus de 65 ans. Néanmoins, les modifications de la courbure cornéenne liées au vieillissement des paupières entraînent la constitution d’un astigmatisme inverse qui ­nécessite une correction. Ainsi, la quasi-totalité des patients de plus de 65 ans présente des anomalies de la cornée et de la surface oculaire qui impliquent une prise en charge ophtalmologique allant du simple changement de verres correcteurs jusqu’à la greffe de cornée. Il est donc important de bien connaître les conséquences du vieillissement sur la cornée et sur la surface oculaire pour assurer une prise en charge satisfaisante de nos patients.

Par quels mécanismes l’âge modifie-t-il notre cornée et notre surface oculaire ? Les explications sont multiples : accumulation de mutations dans nos cellules avec les ­divisions cellulaires successives, stress oxydatif (ultraviolets, alimentation), modifications hormonales, diminution des défenses immunitaires, modifications de la flore ­saprophyte de la surface oculaire (notre microbiote oculaire), diminution de la densité des fibres nerveuses sensitives, accumulation de cellules sénescentes, perte des fibres élastiques des tissus conjonctifs… Certaines de ces anomalies sont actuellement ­accessibles à un traitement médical ou chirurgical. Il ne faut donc pas désespérer du vieillissement mais essayer de bien analyser l’état de la cornée de nos patients âgés pour leur proposer la meilleure prise en charge !

Ce dossier envisage la pathologie cornéenne et de la surface oculaire liée à l’âge à ­travers l’œil précis d’experts. Vieillissement de la surface oculaire, modifications de ­l’innervation cornéenne, infections de la cornée et de la surface oculaire, œdème ­cornéen… autant de situations cliniques qui correspondent à l’activité quotidienne de routine des ­ophtalmologistes pour peu qu’ils portent un regard attentif sur la première composante du dioptre oculaire, avant de se focaliser sur le cristallin, le nerf optique et la macula.

L’outrage du temps a été longtemps vécu comme une fatalité. Il représente maintenant un challenge pour le médecin et le chirurgien !

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