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Editorial : Ophtalmologie pédiatrique

Dominique Brémond-Gignac
Numéro 212 - Septembre 2017
C’est avec plaisir que nous vous proposons le dossier annuel consacré à l’ophtalmo-pédiatrie. La pathologie de l’enfant est toujours en mouvement. L’ophtalmologie pédiatrique est une sur-spécialisation à part entière en ophtalmologie qui présente des spécificités diagnostiques et thérapeutiques. La difficulté de ­l’examen chez l’enfant pour le jeune examinateur est souvent source d’examen incomplet et rend le diagnostic incertain. Les maladies rares ophtalmo-pédiatriques ­nécessitent d’être reconnues et prises en charge de façon adaptée selon la ­pathologie. Elle regroupe les pathologies du segment antérieur, du segment postérieur et orbito-palpébrolacrymales de l’enfant apportant ainsi une diversité diagnostique. Les nouveautés et les innovations sont nombreuses et beaucoup de champs restent encore à explorer tant l’enfant n’a pas été au centre des recherches durant de nombreuses décennies. Pourtant l’étude de l’ophtalmo-pédiatrie est riche en enseignements. Les innovations diagnostiques telles ­ les différentes imageries et les avancées génétiques nous apportent des éclairages essentiels.

Ce numéro des Cahiers d’Ophtalmologie sur l’ophtalmologie pédiatrique a pour but de présenter des synthèses sur des situations cliniques fréquentes et moins fréquentes. Les anisocories de l’enfant souvent banales peuvent cacher des pathologies sévères. L’analyse sémiologique doit être fine de façon à situer le niveau anatomique de la lésion et porter le diagnostic. Le larmoiement de l’enfant est une pathologie fréquente, le plus souvent bénigne, cependant il peut occulter une pathologie sévère comme un glaucome congénital dont la prise en charge doit être réalisée en urgence. Les anomalies de la surface ­oculaire peuvent être prises en charge en contactologie et l’adaptation doit être soigneuse pour obtenir un résultat optimal. Les malpositions palpébrales nécessitent le plus souvent une prise en charge chirurgicale réfléchie après analyse sémiologique complète. Parmi les dystrophies rétiniennes, la maladie de Best, présente des formes cliniques diverses et nécessite une imagerie précise. L’analyse moléculaire génétique apportera les éléments du diagnostic et la prise en charge familiale devra être réalisée avec un accompagnement psychologique et une prise en charge de la basse vision.

La pathologie ophtalmologique pédiatrique est spécifique, nécessitant un diagnostic, des explorations fonctionnelles adaptées à la pédiatrie et un traitement spécifique. La prise en charge oculaire de l’enfant fait de surcroit souvent appel au pédiatre pour évaluer la pathologie systémique associée. Cette vue d’ensemble est essentielle pour l’enfant en développement.

Dominique Brémond-Gignac,
Chef du Service d’Ophtalmologie, Hôpital Universitaire Necker-Enfants malades, APHP, Paris ; Coordonnateur du Centre de Maladies Rares en Ophtalmologie OPHTARA

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